VIDÉO - Files d’attente interminables à Orly et Roissy, retards de vols en série : mais que se passe-t-il dans les aéroports parisiens ?

Société
GALÈRE - Outre l’incompréhension et le ras-le-bol qu’il suscite chez les voyageurs, le temps d'attente aux postes de contrôle de police aux frontières (PAF), qui s'est fortement accru depuis quelques semaines à Orly et Roissy, impacte les compagnies aériennes. A quoi est-il dû, et comment les acteurs du secteur espèrent remédier à la situation ?

"C’est l’anarchie à l’aéroport, je vais avoir beaucoup de retard. Enfin, si j'arrive à partir." Comme Morgane, qui doit ce jour-là décoller d’Orly-Sud pour Tanger (Maroc), des milliers de passagers déplorent le temps d’attente aux postes de contrôle de police aux frontières (PAF), depuis quelques semaines. 


"Il est 20h15. Des voyageurs qui devaient décoller à 19h n’ont même pas passé la sécurité", explique la voyageuse à un proche au téléphone. Devant elle, des centaines de personnes concentrées dans la file et "à bout de nerfs" à cause, notamment, du "manque d’information". Et de répéter : "Je n’ai jamais vu ça !"  Sans doute la phrase qui résonne le plus ces jours-ci dans les différents terminaux des deux aéroports parisiens. Car la situation s’est aussi propagée à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle.


"Depuis début juin, c'est un bazar innommable. […] Dans les périodes de pointe, il y a toujours eu des goulets d'étranglement. Mais pas à ce point !" confirme ce mercredi dans les colonnes du Parisien, le PDG de la compagnie Corsair, Pascal de Izaguirre. "Premièrement, on voit bien que les effectifs sont très insuffisants. Deuxièmement, c'est incroyable que les plannings des policiers aux frontières ne soient pas adaptés aux courbes de trafic. La moindre des choses, c'est de dimensionner", fulmine-t-il.

L'état d'urgence et le renforcement de Schengen pointés du doigt

Mais alors comment expliquer cette situation ? Les opérations de la police aux frontières (PAF) dans les aéroports étaient déjà considérablement ralenties depuis l'instauration de l'état d'urgence après les attentats de novembre 2015, qui avait marqué le retour des contrôles systématiques sur tous les vols en provenance ou à destination des pays de  l'espace Schengen. Mais depuis le 7 avril, un règlement européen a encore renforcé les contrôles aux frontières extérieures de l'espace Schengen. Cela "pose un problème de capacités des serveurs notamment lors des pics de trafic", ont indiqué l'Union des aéroports français (UAF) et la Fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM) dans une note dont l'AFP a obtenu copie. 


L'addition de ces deux mesures provoque une "multiplication des files d'attente, l'allongement des temps d'attente, des retards des vols, et l'incompréhension et la colère des passagers", confirme auprès de l'agence Nicolas Paulissen, délégué général de l’UAF à l'issue d'une réunion à Matignon. Il fait partie des responsables du secteur aérien et aéroportuaire français qui ont alerté le gouvernement ce mardi sur l'"urgence" de la situation et proposé une série de mesures pour remédier à la "thrombose", provoquée selon eux par le durcissement des contrôles. Ces dernières portent notamment sur le déploiement massif de matériels Parafe (sas de contrôle automatisé des passeports) et des investissements pour augmenter les capacités des serveurs informatiques.

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Aéroport de Roissy : quelles mesures de sécurité ?

"Émeutes" et mouvements de foule

Et le délégué syndical de préciser : "Nous avons partagé les réalités du terrain, c'est-à-dire la situation chaotique en matière de contrôle aux frontières aériennes et qui concerne l'ensemble des aéroports".


Dès le 30 juin, le président de la compagnie aérienne Caraïbes, Marc Rochet, tirait la sonnette d'alarme dans un communiqué, affirmant que les délais d'attente aux contrôles de la police aux frontières (PAF) d’Orly-Sud avaient atteint "un niveau extrêmement critique", provoquant "de nombreux troubles à l'ordre public". Ce vendredi, comme deux jours plus tôt, un mouvement de foule avait éclaté dans un des terminaux d'embarquement, obligeant la police aux frontières à cesser tout contrôle pendant plus de trente minutes, amplifiant de fait l’effet d’engorgement.


Depuis cette date, les compagnies aériennes n’ont de cesse d’enregistrer des retards et des temps d’attente pouvant atteindre deux heures, sur la plupart de leurs vols internationaux.


Face à cette situation, le ministère de l'Intérieur a annoncé ce mercredi que cent policiers supplémentaires allaient être envoyés en renfort cet été, "dès le week-end prochain et jusqu'au 31 août", dans les aéroports de Roissy et d'Orly.

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