Des amendes pour les retards à la garderie : la décision radicale d'une commune de la Somme

Des amendes pour les retards à la garderie : la décision radicale d'une commune de la Somme

REPORTAGE - Pour dissuader les parents de venir chercher leurs enfants en retard à la garderie, la mairie de Moreuil, dans la Somme, veut les sanctionner financièrement. Des amendes diversement appréciées dans la commune.

Gare aux retardataires. A Moreuil, dans la Somme, la mairie a décidé de sanctionner les parents arrivant en retard à la garderie périscolaire. Ainsi, une amende de cinq euros sera appliquée dès quinze minutes de retard. Elle grimpera à dix euros après une demi-heure, et à cinquante euros pour une heure. 

Cette mesure a été prise après plusieurs gros retards de parents ces dernières semaines, et devrait entrer en vigueur dans les prochains jours, sous réserve d’une validation par la préfecture. Toutefois, le maire de la commune, Dominique Lamotte, compte sur l’effet dissuasif du dispositif et espère ne pas avoir à sanctionner d’éventuels retardataires, comme il l’explique au dans le reportage ci-dessus au micro de TF1.

Toute l'info sur

Le 13h

Accueil mitigé chez les habitants

"J’espère sincèrement ne pas avoir à l’appliquer, c’est mon vœu le plus cher, celui de toute l’équipe. C’est simplement faire prendre conscience aux gens que des horaires doivent être respectés, c’est tout. J’espère que cela sera efficace et que nous n’aurons pas besoin de facturer quoi que ce soit", souligne l'élu de cette petite commune de 4.000 habitants.

Une décision qui reçoit un accueil mitigé chez les habitants. "Je suis indignée parce que chaque personne peut être en retard à cause d’un accident, à cause de la circulation. Je ne vois pas pourquoi on paierait plus pour cinq ou dix minutes de retard", s’indigne une riveraine, quand un autre Moreuillois tempère : "Cela reste une bonne idée, quitte à toucher au porte-monnaie. C’est le seul moyen de faire réagir les gens."

Lire aussi

Des retards engendrant ... d'autres retards

Pour Stéphanie Lejeune, directrice du centre de loisirs de la commune, les retards répétés de parents avaient un impact sur les employés du centre : "Cela engendre des gardes pour nos employés qui eux aussi ont des enfants, et du coup des frais supplémentaires pour leur garde à eux. C’est gênant car c’est leur portefeuille qui prend."

Bien avant l’arrivée du Covid-19 et la mise en place du couvre-feu, certaines mairies avaient déjà adopté ce système d’amendes à l’encontre des parents retardataires, comme à Asnières-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, dès janvier 2013, avec un montant oscillant entre 1 et 30 euros. Idem en 2017 à Blangy (Seine-Maritime) et Pont-l’Evêque (Calvados), où les parents étaient sanctionnés de 25 centimes à 15 euros en cas de retard d’une heure.

Sur le même sujet

Lire et commenter