Éboueurs, caissières... un an après, les premiers de corvée se sentent oubliés

Un an après, les premiers de corvée

RECONNAISSANCE - En mars, lors du premier confinement, ils étaient sous les feux de la rampe. Éboueurs, caissières, agents d’entretien... se sentent désormais oubliés. Ils attendent toujours une revalorisation salariale.

"Ça, c’est notre dessin préféré, le camion de poubelle dessiné par un enfant de deux-trois ans, il n'y a pas plus touchant." Jérôme, éboueur à Orléans, est nostalgique. Presque un an après le début de l’épidémie de Covid-19, il se sent oublié : "On est retourné un petit peu à notre anonymat d’avant. Quand on a besoin, on sait nous faire des ponts, on va dire, et après... voyez : ça l’a fait avec les personnels infirmiers, on en entend plus parler." 

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En mars 2020, les habitants avaient en effet fait preuve d’un élan de soutien envers les éboueurs d’Orléans. Toutes ces petites attentions du quotidien leur étaient allées droit au cœur. Ils avaient été touchés notamment par les dessins d’enfants, les remerciements à leur égard, déposés sur les poubelles pour les soutenir et les remercier de continuer à collecter les déchets de la ville malgré le confinement. 

Aujourd’hui, alors que la crise perdure, Jérôme est toujours fidèle au poste mais ces gestes de reconnaissance ont disparu. Pour récompenser son travail pendant la première vague, ses collègues et lui ont touché une prime de 1000 euros, une somme bienvenue à ses yeux, d'autant que c'est une première en dix ans d’ancienneté. "Qu’est-ce qu’il faut faire pour avoir une prime ? Il faut qu’il y ait une pandémie", constate-t-il tout en estimant que "c’est dramatique"

On prend les mêmes risques qu'il y a quelques mois- Anaïs, caissière

Même solidarité (momentanée) envers les caissières. Anaïs a, elle aussi, connu les remerciements de ses clients lors du premier confinement. Travaillant chaque jour, elle a, quant à elle, reçu une prime de 500 euros. Depuis, son espoir d’une meilleure reconnaissance de son métier s’est dissipé. "On trouve ça un peu hypocrite de nous avoir valorisé pendant un petit temps et après de nous dire 'continuez à travailler, vous serez payé pareil qu’il y a deux trois ans'. Pourtant, on prend les mêmes risques qu’on prenait il y a quelques mois", dit-elle au nom de ses collègues. 

Les caissières avaient reçu elles aussi des dessins et des mots d’encouragements. Les supermarchés n’avaient pas été fermés et les employés étaient, et sont toujours, au contact des clients, ce qui représente un risque de contamination plus élevé pour eux. Le manque de reconnaissance de l’État vis-à-vis de leur métier, essentiel au bon fonctionnement du pays et à la vie de tous les jours, commence à leurs yeux à peser. 

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Caissières, éboueurs, livreurs, ils sont ainsi nombreux à souhaiter que leur profession soit mieux reconnue. Le ministère du Travail assure qu’il y aura une revalorisation de ces métiers avant la fin de l’année 2021.  

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