VIDÉO - Elle n’a pas pu dire adieu à son père, mort du Covid-19 : le témoignage poignant de Stéphanie Bataille

VIDÉO - Elle n’a pas pu dire adieu à son père, mort du Covid-19 : le témoignage poignant de Stéphanie Bataille

TÉMOIGNAGE - Stéphanie Bataille, la fille du comédien Étienne Draber, raconte ce mardi sur LCI comment son père, admis pour une opération, est décédé des suites du Covid-19, contracté à l'hôpital.

"Cela ne doit plus exister." Invitée ce mardi soir sur LCI, Stéphanie Bataille a raconté le drame qu'elle a vécu en début d'année : la mort de son père, l'acteur Étienne Draber, emporté par le Covid-19. Un père à qui elle n'a pas pu dire adieu, les visites étant interdites dans ces unités de soins. 

"Il était vraiment très bien après son intervention", a témoigné la comédienne et directrice déléguée du Théâtre Antoine. "Puis, au bout de quatre jours, son état a commencé à se dégrader. (…) On n'y prête pas plus d'attention que cela. Vers le 19 décembre, l'état se dégrade. En réalité, c'était un emballement du Covid-19." 

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L'acteur, âgé de 81 ans, se retrouve isolé dans une unité Covid avec pour interdiction de voir sa famille. Son état se dégrade malgré une amélioration passagère. "Je dis que j'aimerais le voir", raconte Stéphanie Bataille. "On me répond : 'Ah non, vous ne verrez qu'au dernier moment.' Déjà, ça, c'est très dur à entendre..."

"On m'a dit : 'Vous ne le verrez plus"

Une situation intolérable pour la comédienne, qui s'en prend au patron de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) : "Quand M. Martin Hirsch ose me dire que j’aurai pu voir mon père, non ce n’est pas vrai. On n’a pas le droit d’entrer en unité Covid. Et mon père me/nous réclamait. Il nous disait à travers l’écran, 'Sortez-moi de là, je vais crever.' Il sentait qu’il partait, car il avait ce manque de nous, et nous, on avait ce manque de lui." 

Son père décède finalement le 11 janvier. Débute alors un deuil impossible : "On m’a laissée me recueillir devant mon papa mort à l’hôpital, et après on m’a dit ‘vous ne le verrez plus’. Et on ne l’a plus vu. On l’a revu, juste avant de partir à l’église, dans son cercueil. Je l’ai vu dans l’arrière salle de la chambre funéraire. J’ose espérer que c’est mon père qui est dans ce cercueil, je ne suis pas la seule à me poser cette question, il y a des milliers de personnes qui se posent cette question car il y a des milliers de personnes qui n’ont pas pu faire la reconnaissance du visage."

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Si elle prend la parole aujourd'hui, c'est pour que cesse ces pratiques dictées par le principe de précaution. "Je vous raconte tout ça, par rapport à tout ce que les gens ont pu vivre avant, et ce qu’ils peuvent vivre maintenant. Je ne veux plus d’après. Cela ne doit plus exister. On est vraiment dans la perte de l’humanité, dans la perte du rite de l’enterrement, du recueillement, on n’a pas le droit de nous priver de tout ça." 

Et d'ajouter, avec émotion : "Je reçois beaucoup de témoignages de gens qui ont vécu la même chose. Cela ne doit plus exister, j’ai même honte d’avoir à parler de ça, on est au XXIe siècle, c’est une perte d’humanité totale."

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