"C’est maintenant qu’il faut les aider !" : le cri du cœur d’Ulysse, l’ange gardien des étudiants

"C’est maintenant qu’il faut les aider !" : le cri du cœur d’Ulysse, l’ange gardien des étudiants

ENTRAIDE – Invité de LCI ce lundi 3 mai, Ulysse Guttmann-Faure, 20 ans, vient d’être nommé prodige de la République pour la création de l’association Co’p1 qui vient en aide aux étudiants en difficulté. Face à la précarité, une seule solution : la solidarité.

En plus d'un an, la violence de la crise sanitaire a particulièrement frappé les étudiants, l’opinion publique commence à découvrir l’ampleur de cette grande détresse. "C’est maintenant qu’il faut essayer de les aider", alerte Ulysse Guttmann-Faure, jeune étudiant de 20 ans, en double licence de droit et de sciences politiques, ulcéré de voir dans quelle précarité se trouvent ses semblables. En réaction à la crise sanitaire, il a ainsi décidé de créer l’association Co’p1 : une association neutre et "apartisane", créée par, et pour les étudiants, distribuant des milliers de repas à celles et ceux dans le besoin. 

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Pour lui, la crise économique qui touche les étudiants a été le déclic. Aujourd’hui, il choisit de s’investir à 100% dans son association en plus de ses études. Tout est parti de deux constats. Le premier est que "c’est de plus en plus difficile pour les étudiants économiquement et pour se nourrir" et le second, "qu’énormément d’étudiants n’osaient pas solliciter de l’aide ou n’avaient pas connaissance des dispositifs qui pouvaient exister"

"Le fait qu’on soit tous étudiants, ça permet d’enlever une certaine distance. On va se tutoyer, on va mettre de la musique, histoire d’avoir une bonne ambiance. C’est tout ça l’aventure Co’p1", déclare-t-il. 

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À 20 ans, il aide des milliers d'étudiants

Ulysse, sensibilisé aux inégalités depuis tout petit par ses parents, explique que la crise a touché énormément d’étudiants, y compris ceux qui pouvaient être aidés par leurs parents. "La semaine dernière, sur les étudiants en difficulté, huit étudiants sur dix n’avaient jamais eu recours à aucune aide alimentaire avant, c’est-à-dire qu’ils découvrent la précarité", affirme-t-il. "Des étudiants qui ont perdu leur emploi, des étudiants pas suffisamment aidés, mais aussi des étudiants qui ont pu découvrir la précarité parce que les parents eux-mêmes avaient perdu leur emploi", ajoute-t-il. 

Pour lui, cette expérience est bénéfique même si elle est fatigante. "J’apprends plein de choses", souligne-t-il. Il passe entre 70 et 80 heures par semaine à réceptionner la marchandise, réaliser des études, vérifier les stocks et rencontrer d’autres associations lors de nombreuses réunions : "Ça prend beaucoup de temps, je dors un peu moins en ce moment depuis la rentrée 2020. Si moi, je suis très actif, c’est parce qu’on est 500 à pouvoir tenir le rythme. Je me dis que les étudiants ont besoin d’aide et surtout, si des associations comme Co’p1 n’existaient pas, on aurait tellement d’étudiants qui décrocheraient parce que ne pouvant pas se nourrir ou abandonner les études parce qu’ils sont obligés de travailler donc on se dit 'il va falloir aménager mon temps, je vais travailler un peu moins au grand désespoir de ma mère' ", dit-il, en souriant. "Mais je jongle et puis on le fait parce que c’est nécessaire", poursuit-il. 

Une précarité pas seulement alimentaire

Ulysse a tout de suite été bien accueilli lorsqu’il a commencé à chercher des denrées alimentaires. Il a obtenu des dons de particuliers, de commerces, mais aussi d’entreprises, que ce soit financier ou en nature. "A Rungis, on récupère des invendus chaque semaine parce que ce sont des choses qui sont toujours consommables, mais destinées à être jetées donc plutôt que les jeter, les producteurs préfèrent nous les donner, faire une bonne action en même temps. On a été bien accueilli, on a eu la confiance d’institutions également. Ça a permis de faire Co’p1 et de faire qu’il y a autant d’étudiants aujourd’hui", raconte-t-il. 

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Ulysse rappelle que la précarité n’est pas seulement alimentaire. "C’est aussi une précarité psychologique. C’est aussi difficile psychologiquement de découvrir la précarité donc ça, c'est le côté un peu négatif. Nous, on va essayer d’apporter un peu de joie, un peu de bonne humeur et de pouvoir aider les étudiants", conclut-il. Une belle initiative qui donne de l’espoir aux étudiants pour résister pendant la crise. 

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Du lundi au vendredi, de 10H00 à 12H00, le présentateur prendra le temps d’analyser et de mettre en perspective les grands sujets d’actualité. Grande nouveauté de la rentrée, les téléspectateurs pourront intervenir en direct, interagir avec les invités en plateau pour livrer leurs points de vue et leur vécu. 

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