"RIVE", le nouveau dispositif secret de déradicalisation en milieu ouvert

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JIHADISME - Le programme a été lancé dans le plus grand secret en décembre 2016. Des personnes radicalisées sont désormais prises en charge en milieu ouvert par une cellule composée de plusieurs professionnels. Pour la première fois, Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, aborde sur LCI publiquement ce dispositif baptisé "RIVE".

Il s'appelle "RIVE". Et après l'échec des centres fermés, c'est  le nouveau dispositif du gouvernement en matière de déradicalisation. À la grande différence du premier, il se déroule en milieu ouvert. Lancé dans le plus grand secret en décembre dernier, "RIVE" intègre pour l’instant 8 hommes et 6 femmes, tous majeurs. Les personnes suivies se sont radicalisées en France, souvent sur Internet. Certaines ont  tenté de rejoindre la Syrie.


"Il y a une décision  d’un juge qui leur a demandé, imposé, de suivre ce programme ou alors elles sont en fin de peine et elles  sont prises en charge par ce programme pour exécuter leur fin de peine", explique Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, à LCI, à propos des personnes suivies. C'est la première fois que la Garde des Sceaux aborde publiquement ce dispositif.

Accompagnement sur mesure

La prise en charge  dure au minimum 1 an, et contrairement aux expériences précédentes, elle se déroule donc en milieu ouvert. "Ces personnes ne sont pas rassemblées en un lieu unique. Elles sont, dans un certain nombre de cas, placées sous bracelet électronique, donc hébergées dans différents endroits de la région parisienne", nous précise Nicole Belloubet. 


Pour accompagner ces hommes et ces femmes, des éducateurs, un psychologue, d'un psychiatre mais aussi d'un référent cultuel. L'objectif est d’assurer à chacun  un accompagnement sur mesure. "Ce suivi constitue à la fois une garantie de sécurité et  une volonté de réinsertion. C’est cela qui est indispensable", affirme Nicole Belloubet. L'année prochaine, 50 personnes seront intégrées à "RIVE".


Pour le procureur de la République de Paris, François Molins, "RIVE" vise à "réadapter à la société" certaines personnes, "pas les plus dangereux" et "s'adresse à des gens dont le travail éducatif qui a été engagé a donné des résultats positifs, et qui permet d'envisager un accompagnement milieu ouvert". Une réponse "pragmatique", selon le magistrat, qui évoque la "responsabilité de l'administration (...) à l'égard de ceux qui peuvent être récupérés" pour "remettre dans le droit chemin".

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