Gilets jaunes : où en est le mouvement ?

Gilets jaunes : où en est le mouvement ?

MOBILISATION – Le 17 novembre 2018, un peu partout en France, des hommes et des femmes portant un gilet jaune se réunissaient sur les ronds-points pour protester contre la hausse des prix du carburant. Trois ans plus tard, le mouvement peut-il reprendre ? Les revendications ont-elles changé ? Quelles perspectives pour la présidentielle ? On fait le point.

Les Gilets jaunes ont fêté leur troisième anniversaire ce mercredi, mais contrairement à l’"Acte I", marqué par des images de ronds-points et de péages occupés par des hommes et des femmes portant le gilet de sécurité qui a caractérisé le mouvement, cette anniversaire s'est fait dans une relative discrétion. 

Pourtant, le carburant a vu ses prix flamber cet automne, le niveau dépassant celui atteint lors du début des manifestations à l'époque, laissant craindre une nouvelle mobilisation. On fait le point sur ce que devient ce mouvement, trois ans après son surgissement.

Avec la crise sanitaire, les manifestations de Gilets Jaunes ont été largement ont fortement ralenties. Selon Maxime Nicolle, alias "Fly Rider", la manière dont elles avaient auparavant été réprimées a également été un moteur de démobilisation. Mais depuis cet automne, des appels à une nouvelle occupation des ronds-points circulent sur les réseaux sociaux. Quelques rassemblements ont fait à nouveau leur apparition ces dernières semaines, un peu partout en France, bien qu'ils réunissent beaucoup moins de personnes qu'il y a trois ans. 

Pour autant, pour Maxime Nicolle, la colère des débuts est toujours présente. "Il y a même plus de colère qu’avant", nous assure cette figure du mouvement, soulignant que cela pourrait mener vers la mise en place de nouvelles actions. Pour le Gilet jaune Gaylord Leduc, qui assure que le mouvement ne se réduit pas aux manifestations, il n'y a même jamais eu d'interruption. 

De son côté, Karine, très mobilisée à l'époque à Dreux, ne voit désormais la cabane qu'elle occupait avec ses camarades que lorsqu'elle passe devant en rentrant du travail. Elle ressent surtout aujourd'hui une grande lassitude. "On en est toujours au même point, il n'y a rien qui bouge", soupire-t-elle, dépitée, dans la vidéo du JT de TF1 en tête de cet article.

Les revendications ont-elles changé ?

Si le mouvement est donc toujours très présent, notamment en ligne, certains Gilets jaunes se positionnent sur de nouvelles problématiques, comme le pass sanitaire ou le vaccin. Pour la chercheuse Brigitte Sebbah cependant, cela ne veut pas dire que cette position est revendiquée par l’ensemble du groupe. 

"C'est vrai que quand je regarde les pages, je vois beaucoup d'anti-pass sanitaire, d'anti-vaccin. On peut effectivement en déduire que les Gilets jaunes ont été investis par d'autres causes, d'autres personnes, mais rien ne nous permet de dire que ces revendications sont désormais centrales", nous explique la maîtresse de conférence à l’université Paul Sabatier de Toulouse. 

Par ailleurs, "depuis trois ans, on n’a pas une offre de la vie quotidienne qui s’est améliorée", met-elle en avant. La chercheuse souligne ainsi que la situation des inégalités sociales ou des injustices fiscales contre lesquelles les Gilets jaunes se sont mobilisés n'a pas changé, et que ce sont donc toujours des combats portés par ce mouvement.

Une structuration du mouvement en vue de la présidentielle ?

La représentation politique a été dès le début du mouvement un motif de mobilisation. À quelques mois de la présidentielle, certains de ses membres commencent à s’organiser pour participer à ce rendez-vous politique. Ainsi, des initiatives se mettent en place. Le Syndicat des Gilets jaunes s'est ainsi créé. Un candidat à la présidentielle a été désigné par des associations de Gilets jaunes, Fabrice Grimal. D’autres figures du mouvement, comme Jacline Mouraud ou Eric Drouet, ont également annoncé leur intention de se présenter. 

Pour autant, la structuration du mouvement va à l'encontre de sa philosophie première. "Le fond de ce mouvement, c'est de dire que la parole de tous est valable, donc on ne va pas en propulser une plus que l'autre", pointe Brigitte Sebah, sceptique quant au succès d'une "candidature Gilet jaune". "Moi je ne voterai pas pour un candidat qui se prénomme Gilet jaune parce qu'on dit ne pas avoir de chef, ce qu'on fait émane de la base", confirme également un membre du mouvement au micro de TF1. 

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