Grève des sages-femmes : une colère qui dure

Grève des sages-femmes : une colère qui dure

C’est une grève qui ne fait pas beaucoup de bruit, mais qui dure depuis très longtemps. Les sages-femmes demandent une revalorisation de leur statut. Au sein des maternités, leurs responsabilités n'ont cessé de croître.

Derrière cette énergie déployée pour les patientes, des sages-femmes qui en ont plein le dos. À la maternité de Tourcoing, elles étaient trois en grève ce week-end. Parmi elles, Caroline Cassez, sage-femme depuis 30 ans et aujourd'hui quelque peu désabusée. “On aime notre métier, on a envie de le faire de façon de qualité et je pense qu'il y a beaucoup aussi de sages-femmes qui sont un peu écœurées de la façon dont on travaille et qui abandonnent”. Une profession pourtant indispensable dans les maternités. Cinq ans d'études pour assurer le suivi des naissances et leurs compétences ne s'arrêtent pas là. Le rôle des sage-femmes se rapproche de plus en plus de celui des gynécologues.

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“Aujourd'hui, elles font du suivi de grossesse, mais elles prennent en charge également des IVG médicamenteuses en ville. Elles font de l'échographie, de la contraception. Elles se substituent à la pénurie des gynécologues-obstétriciens. Et le gouvernement et le ministère de la Santé restent sourds à leurs revendications. C'est intolérable”, déplore Capucine Coulou, gynécologue-obstétricienne. “Je comprends qu'elles soient en colère”, ajoute-t-elle.

Parmi leurs revendications : la revalorisation des salaires. Une sage-femme commence en général avec 1 700 euros par mois. Un salaire qui peut atteindre 3 300 euros environ en fin de carrière. Pour celles travaillant à l’hôpital, Olivier Véran a annoncé ce mois-ci la création d’une prime exceptionnelle de 100 euros, ainsi qu'une hausse salariale de 100 euros par mois dès janvier. Insuffisant selon les syndicats, qui veulent acquérir plus de reconnaissance avec le statut de praticien médical. “Le statut ça change tout. Ça change la possibilité de faire de la recherche en parallèle, d’avoir une activité clinique, d'avoir éventuellement une activité mixte hospitalier et libéral”, explique Willy Belhassen, vice-président de l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes.

Ce mouvement, qui dure depuis le début de l'année, doit se poursuivre. Une grande journée de manifestation est prévue le 7 octobre prochain.

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