Elles se mobilisent pour défendre leur métier : combien gagnent les sages-femmes ?

Elles se mobilisent pour défendre leur métier : combien gagnent les sages-femmes ?

FRONDE - Pour la sixième fois cette année, les sages-femmes sont descendues dans la rue ce jeudi pour une journée de mobilisation nationale. Elles demandent une meilleure rémunération et plus de reconnaissance pour leur profession.

Elles sont en grève, révoltées et épuisées. Les sages-femmes sont redescendues dans la rue ce jeudi, en espérant notamment mettre à mal "le défaut d'information", le "manque de reconnaissance" et le "mépris" des pouvoirs publics. "Au vu de la technicité des études que nous réalisons, des compétences et des responsabilités que nous avons, c'est clair que débuter à 1.600 euros... c'est juste plus possible", s'insurge Anick Rabaud, sage-femme de la protection maternelle et infantile (PMI) dans le sud de la France, arguant qu'"aujourd'hui, ce métier ne fait plus rêver du tout".

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De son côté, Lydiane Viaud travaille depuis seize ans dans la clinique Rive Gauche, à Toulouse (Haute-Garonne), et elle est fatiguée de ne pas être reconnue à sa juste valeur. "J'exerce mon métier comme au premier jour avec autant de passion, mais là il y a beaucoup d'épuisement", se plaint-elle dans le reportage du JT de 13H en tête de cet article. Il faut dire que dans les couloirs de cette clinique, les sages-femmes marchent au pas de course : 12 heures de garde, 1 week-end sur 2 au travail, le rythme est effréné, mais le salaire n'y est pas. 

En France, une sage-femme libérale gagne entre 1 320 euros bruts et 5 164 euros bruts par mois, soit un salaire moyen de 3 242 euros bruts par mois, avant paiement des charges et impôts qui représentent environ 60% des revenus des professions libérales (source Unasa, 2019). Tandis qu'une sage-femme de la fonction publique territoriale gagne entre 2 085 euros bruts et 3 777 euros bruts par mois, soit un salaire médian de 2 931 euros bruts par mois (source : JDN - point d'indice, 2020)

"400 euros d'écart avec le public"

Et les annonces du ministre de la Santé Olivier Véran, mi-septembre, d'une revalorisation pour les sages-femmes travaillant à l'hôpital, n'ont pas eu l'effet escompté. Elles recevront à partir de janvier une prime de 100 euros nets et une hausse de salaire d'environ 100 euros bruts par mois. Les trois quarts des 23.500 sages-femmes (à 97% des femmes) en bénéficieront, pour un gain mensuel équivalant à l'augmentation de 183 euros nets déjà accordée à tous les personnels hospitaliers fin 2020 dans le cadre du "Ségur de la santé".

Mais les employés du privé ont été oubliés. Nathalie Vanhoy, qui travaille également à la clinique Rive Gauche à Toulouse, gagne, par exemple, un peu plus de 2 000 euros nets par mois pour dix ans d’ancienneté. "Il y a à peu près 400 euros d'écart avec le public. On a pourtant le même rythme de travail, le même boulot, les mêmes patientes et les mêmes responsabilités", s'étonne-t-elle. Ces femmes sont donc en quête d’une reconnaissance. Elles ont fait cinq ans d’étude, dont une année de médecine. Pourtant, leur métier est souvent considéré comme une profession paramédicale. 

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Dans cette clinique toulousaine, 3 700 enfants naissent chaque année. Heureusement, durant cette grève, les sages-femmes peuvent compter sur le soutien sans faille de la direction et des médecins. "Les conditions sont tellement difficiles que c'est plus intéressant d'aller ailleurs. On les voit partir les unes après les autres et pour nous, c'est compliqué de travailler parce qu'on a confiance en elles et c'est le socle de notre métier", s'émeut Nathalie Cere, gynécologue-obstétricienne. 

Le cabinet du ministre de la Santé Olivier Véran devait recevoir ce jeudi chacun des syndicats et organisations professionnelles de sages-femmes "l'ayant souhaité", a-t-il indiqué à l'AFP.

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