Inceste : les constats alarmants de la plateforme d'écoute des victimes

Inceste : les constats alarmants de la plateforme d'écoute des victimes

VIOLENCES SEXUELLES - La nouvelle commission indépendante sur l'inceste a formulé ce mercredi ses premières recommandations. En quelques semaines, elle a reçu plusieurs milliers d'appels. Trois tendances émergent de ces premiers témoignages.

La Commission Inceste a rendu son premier avis ce mercredi 27 octobre 2021. Pour "mieux protéger les enfants", elle recommande notamment de suspendre l'exercice de l'autorité parentale et les droits de visite d'un parent poursuivi pour inceste. La semaine dernière, les équipes de TF1 avaient rencontré plusieurs de ses membres pour dresser un premier bilan. 

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Inceste : la parole se libère

Depuis le lancement d'une plateforme d'écoute* le 21 septembre, des milliers de Français ont déjà fait part à la nouvelle commission indépendante sur l’inceste des crimes sexuels dont ils ont été victimes au sein de leur famille. Le téléphone sonne tout le temps, du lundi au vendredi.

Cette plateforme d’écoute, spécialement créée pour une durée de deux ans, est gérée par Emmanuelle Piet. Médecin et pionnière dans la lutte contre les violences sexuelles, elle fait un premier constat : un tiers des victimes qui la contactent parlent de leur traumatisme pour la toute première fois. "Si les victimes ont un mal fou à parler, c’est parce que, en général, l’agresseur a donné des consignes de silence, usant de menaces et suscitant la peur. Il leur dit : ‘Si tu parles, ta mère se tueras’, ‘si tu parles, ça va casser la famille’ ou ‘si tu parles, je vais aller en prison’", explique l’experte dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. "Le jeune enfant agressé a alors très peur de parler parce qu’il pense que cela va déclencher des choses terribles", souligne-t-elle. 

De nombreux appels pour des faits actuels

Au sein de la commission, chaque témoignage fait l’objet d’une fiche, anonyme mais très précise sur les faits. Toutes les victimes font également l’objet d’un soutien tout particulier de la part de professionnels formés à la prise en charge des traumatismes. Des rappels à la loi sont également effectués quand les faits ne sont pas prescrits. De là, découle une deuxième observation, surprenante de l’aveu même des membres de la commission : beaucoup d’appels concernent des faits actuels de violence. Sur les 4000 premiers appels, un tiers sont des appels au secours de personnes ayant déjà tout essayé, sans succès.

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Enfin, un tiers des personnes qui ont joint la commission ont déjà parlé sans être crus ni protégés. "Vous allez au commissariat, vous dites qu’on vous a volé votre téléphone, on voit croit. Vous dites ‘j’ai été victime de viol, mon enfant a été victime de viol’, on ne vous croit pas", s’insurge Edouard Durand, juge des enfants et co-président de la commission sur l’inceste. Celui-ci se bat pour obtenir la mise en place d’une présomption de crédibilité pour un enfant qui témoigne. 

* Les personnes victimes d’inceste peuvent appeler le 0.805.802.804. 

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