"On ne doit plus divertir au détriment des animaux" : le coup de fouet d'André-Joseph Bouglione contre la maltraitance des bêtes de cirque

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RENCONTRE - Dans son livre "Contre l'exploitation animale", qui paraît ce jeudi, Joseph-André Bouglione, descendant de la célèbre famille du monde du cirque, explique sa volonté de cesser les spectacles d'animaux et incite les cirques à suivre son sillage. Un positionnement qui déclenche l'ire d'une partie de la profession.

Un pavé dans la mare. Dans son livre Contre l'exploitation animale, à paraître ce jeudi 5 avril aux éditions Tchou, André-Joseph Bouglione, directeur d'un cirque et ancien dompteur de tigres pendant 25 ans, dévoile l'envers du décor et affiche son choix de ne plus jamais utiliser d’animaux pour ses spectacles.


Selon ce petit-fils de la célèbre famille Bouglione, les conditions de dressage et de captivité sont devenues trop cruelles et contre-nature. Ce qui doit pousser son métier à "se renouveler et à ne plus divertir au détriment des animaux", explique-t-il à LCI. De quoi s'attirer les applaudissements de nombreux défenseurs de la cause, mais aussi les foudres de la profession.

Il faut être dans l'air du temps et se réinventerAndré-Joseph Bouglione

La volonté d'André-Joseph Bouglione n'est pas le fruit d'une longue réflexion, mais d'un simple constat dressé avec son épouse Sandrine (née Suskow, de la troisième génération d’une lignée de dompteurs internationaux). Aujourd'hui, "six à huit Français sur dix rejettent et condamnent l'exploitation commerciale des animaux sauvages", souligne t-il. "Et ce malaise ne cesse de s'accroître depuis 10 ans [...] Il faut être dans l'air du temps et se réinventer", affirme cet homme de 44 ans.

J'ai reçu des menaces de mort, mais je m'en ficheAndré-Joseph Bouglione

Avec son livre, l'ex-dompteur veut faire bouger les lignes : "Même si ça ne va pas changer la vie de nos concitoyens, Il est inévitable qu'on finisse par se pencher sur l'avis de millions de Français. J'ai reçu des milliers de messages de gens touchés par ma remise en question, assure-t-il. "Egalement des menaces de mort, mais je m'en fiche", lance-t-il en pointant les "manœuvres" d'une partie de la profession.


"Ces menaces ne me touchent pas. J'en reçois depuis le mois de mai (lorsqu'il avait annoncé publiquement son désir d'en finir avec les tigres, les lions et les éléphants dans son cirque, ndlr) et je suis toujours en vie", lâche propriétaire de chapiteau.

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Faut-il interdire les animaux sauvages dans les cirques ?

Son nouveau projet ? Un éco-cirque 100% humain comportant un chapiteau-éolienne, des groupes électrogènes sans émission de CO2, des costumes sans matière animale, ou encore des conteneurs recyclés permettant de transporter le matériel par voie fluviale. 


 "Les gens attendent trop des politiciens. La Cop 21 fait place à la Cop 22… et il ne se passe toujours rien ! À mon échelle, j’ai les moyens d’agir pour la transition écologique. Il faut s’engager !", martèle celui qui précise que son livre est dédicacé " à tous les animaux".

Le fait de supprimer les animaux des cirques ne met-il pas en péril la survie de ceux-ci ? "Je ne sais pas si d’un point de vue économique, la démarche sera viable. Nous sommes les premiers à le faire et nous n’avons aucun modèle, admet André-Joseph Bouglione. En revanche, ce qui est sûr, c’est que nous allons investir davantage dans notre communication autour du développement durable et collaborer avec des associations écologistes qui défendent la cause animale", conclut le quadragénaire qui a appris à marcher sur les pattes des tigres. 

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