Ivan Fandiño tué en pleine corrida : entre tristesse et réveil des passions anti-corrida, la mort du torero choque

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CARNET NOIR - Un matador espagnol réputé, le Basque Ivan Fandiño, est décédé samedi soir à l'hôpital de Mont-de-Marsan où il avait été transporté en urgence après avoir été encorné lors d'une corrida à Aire-sur-l'Adour (Landes).

Une mort tragique, dont le monde de la tauromachie porte le deuil. Mais qui, pour les opposants à la corrida, relance le débat. Le matador espagnol Ivan Fandiño est décédé samedi, encorné lors d’une corrida  à Aire-sur-l'Adour (Landes), dans le sud-ouest de la France. 


Le Basque, âgé de 36 ans, était à l'affiche de la corrida des Fêtes d'Aire-sur-l'Adour. Il a été encorné alors qu'il effectuait un quite (ndlr : une passe avec une cape) à l'un des taureaux de son compatriote Juan del Alamo. Il s'est alors pris les pieds dans sa cape et a trébuché au sol où il a été pris par le taureau qui l'a mortellement touché. Auparavant, il avait triomphé lors de sa prestation face à son premier taureau en coupant une oreille. 


L’homme a été transporté en urgence à l’hôpital de Mont-de-Marsan mais aurait, durant l'ambulance, fait deux arrrêts cardiaques et serait décédé à son arrivée. Torero réputé pour son courage, n'hésitant pas à affronter des taureaux d'élevage récusés par nombre de ses collègues, comme ceux de Baltasar Iban, Ivan Fandiño était devenu matador de toros en 2005 à Bilbao. En 2012, à Bilbao, il avait combattu seul face à six taureaux d'une corrida-concours de six élevages différents.

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Le monde de la tauromachie, mais aussi la famille royale espagnole et de nombreux responsables politiques ont exprimé dimanche leur tristesse. La Maison royale a ainsi rendu un hommage à cette "grande figure de la tauromachie", sur son compte Twitter, tout comme le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy qui a regretté la "triste nouvelle" de son décès, de même que le ministre de la Culture, Íñigo Méndez de Vigo.


"Cher Ivan, "Torerazo" (super torero, ndlr) tu seras toujours dans mon souvenir.. ces après-midi de gloire, que Dieu t'accueille dans sa gloire", a notamment écrit le torero de Valence Enrique Ponce. "La mort a emporté un ami et d'une certaine manière une partie de nos âmes", a aussi écrit, en espagnol, le Français Sebastien Castella. Le basque faisait dimanche la Une de nombreux quotidiens en Espagne, où malgré le développement d'un mouvement anti-taurin, la passion pour la tauromachie reste forte. 


Mais si la corrida - "la fiesta nacional" - reste populaire en Espagne avec environ 1.800 spectacles par an et près de six millions de spectateurs, elle est aussi de plus en plus contestée, avec son interdiction depuis 2012 en Catalogne par le gouvernement nationaliste catalan, décision annulée en octobre 2016 par la Cour constitutionnelle espagnole. Plusieurs villes ont également suspendu la feria. La mort d’Ivan Fandiño a ainsi suscité des réactions pas vraiment attendries des partisans de la cause animale, sur les réseaux sociaux. 

Des personnalités du monde de la tauromachie se sont émues de telles réactions, comme l'ex-torero Francisco Rivera qui s'indigne sur Twitter contre tous les "méchants qui se réjouissent de la mort d'un homme bon". Eduardo Peris, député, a également commenté : "Quand la défense des animaux, quelqu'un se réjouit de la mort d'un être humain, est que quelque chose ne va pas ... # DEPIvanFandiño".

Des morts plutôt rares

Les morts de matadors restent relativement rares : la précédente mort d'un torero dans une arène remonte au 9 juillet 2016 avec le décès du matador espagnol Victor Barrio, 29 ans, dans l'arène de Teruel (centre-est de l'Espagne). Un peu plus d'un mois auparavant, l'excentrique mexicain El Pana était décédé le 2 juin 2016 à l'hôpital de Guadalajara après avoir été blessé le 1er mai lors d'une corrida à Ciudad Lerno.


Sinon, il faut remonter à 30 ans en arrière pour retrouver trace d'un tel drame avec la mort en 1985 d'un jeune prodige de 21 ans, José Cubero "El Yiyo", encorné au coeur par un taureau à Colmenar Viejo, près de Madrid. Et, en 1984, le monde de la tauromachie avait été endeuillé par la mort d'une de ses stars, Francisco Rivera Paquirri père, tué par un taureau à Pozoblanco (Andalousie). En France, il faut remonter à 1921 pour la mort d'un matador espagnol, Isidoro Mari Fernando "Flores", à l'arène de Béziers.

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