"J'ai encore des frissons" : au cœur du chantier de Notre-Dame avec les équipes chargées de sa reconstruction

"J'ai encore des frissons" : au cœur du chantier de Notre-Dame avec les équipes chargées de sa reconstruction

EN IMMERSION - Deux ans après l'incendie gigantesque qui a ravagé Notre-Dame-de-Paris, les travaux pour sa reconstruction se poursuivent. Pour TF1, certains acteurs de cette reconstruction ont accepté de raconter les premiers jours d'une intervention à haut risque et chargée en émotion.

Deux ans après l’incendie dramatique qui a frappé Notre-Dame-de-Paris, la cathédrale a repris des couleurs. Ce jeudi, le président de la République Emmanuel Macron a visité l'impressionnant chantier de reconstruction de la cathédrale, qui doit être rendue au culte pour le 16 avril 2024. Un délai qui devrait être tenu, a affirmé le général Jean-Louis Georgelin, président de l'Etablissement public chargé de reconstruire la cathédrale, ce jeudi sur France Inter.

"La mission est difficile", a-t-il admis, avant d’ajouter : "Il faut se concentrer sur l’objectif de rendre la cathédrale au culte et à la visite en 2024. C'est ce que veut le président de la République et nous tiendrons le délai". Au micro de TF1, plusieurs acteurs majeurs de cette reconstruction sont revenus sur ce chantier colossal, et notamment les jours qui ont suivi l’incendie, où travailler dans l’urgence est devenu une habitude.

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Incendie à Notre-Dame : un symbole de Paris dévasté par le feu

"Quand on a vu l’état de Notre-Dame, on s’est mis à pleurer comme des gamins. Et puis cela a duré deux ou trois minutes, en disant : 'Stop ! Il y a tellement de travail à faire'", se souvient Didier Durand, PDG de l’entreprise Pierrenoel et en charge de la coordination du chantier Notre-Dame. "On repérait, on se disait, ça c’est à risque, ça, ça craint pas, ça, ça craint … On faisait un diagnostic sur le vif", ajoute Didier Cuiset, à la tête d'Europe Echafaudages.

"J’ai pris mes meilleurs compagnons, on a répété en une demi-heure ce qu’il fallait faire et comment le faire, quand normalement on met une semaine. Là, il faut faire le bon geste, un peu comme un chirurgien qui va opérer et qui ne doit pas se rater", insiste Didier Durand, notamment sur le retrait de la statue qui surplombait Notre-Dame : "Quand, à 19h, la statue est arrivée au sol, j’ai eu des frissons et j’en ai encore."

On a vécu Notre-Dame, on a mangé Notre-Dame, on a respiré Notre-Dame- Didier Durand, en charge de la coordination du chantier Notre-Dame

Didier Cuiset explique quant à lui que le feu était toujours palpable lors de l’intervention de ses équipes : "Pendant qu’on était en train de fréter le pignon nord, les pompiers étaient encore en train d’arroser de l’autre côté, ça fumait encore." Le pignon nord, qui a été consolidé en moins de 48h grâce à un croquis de plan fait par un charpentier, dont les notes ont été transmis à un atelier en Lorraine, qui a acheminé le plus rapidement possible des pièces de bois.

"On a vécu Notre-Dame, on a mangé Notre-Dame, on a respiré Notre-Dame", répète Didier Durand avec une certaine émotion, quand Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques, déclare : "C’était des journées totales et pleines, consacrées à la cathédrale." Des journées harassantes, surtout pour Didier Cuiset et ses équipes : "Du lundi au jeudi soir, j’ai dormi un quart d’heure, dans la camionnette."

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Une opération intense qui durera plus de six mois et qui continue, sur un rythme moins élevé, mais avec toujours autant d’implication. Ainsi, tous les vitraux des fenêtres hautes ont été installés, tout comme des cintres en bois fabriqués sur mesure pour soutenir les 28 arcs boutants de la cathédrale. Les poutres au sol, les restes de charpente, le plomb et les décombres qui pesaient sur les voûtes ont été déblayés, tout comme l’échafaudage calciné, à savoir 40.000 tubes d’acier, soit 250 tonnes.

"Là, on est en train de terminer la dernière étape, qui consiste à mettre les voûtes sur cintres. Une fois fait, on pourra dire qu’on a terminé le programme qu’on avait inventé le 16 avril", indique Philippe Villeneuve, alors qu’aucun blessé n’a été à déplorer pendant ces travaux titanesques.

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