VIDEO - "Je me demande quel monde nous allons laisser à nos enfants" : à Paris, la marche pour le climat fait le plein

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REPORTAGE - Des milliers de personnes se sont réunies ce samedi après-midi au cœur de Paris pour une "marche pour le climat". Celle-ci répondait à un appel citoyen lancé sur Facebook par Maxime Lelong, 27 ans, après la démission fin août du ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot.

"Bon, de quel côté faut avancer là ?" Sur la place de l'Hôtel de Ville de Paris baignée par le soleil, Catherine peine à se repérer. La foule a envahi le parvis et cette sexagénaire, accompagnée de son époux, attend comme tout le monde le départ de la "Marche pour le climat". Une initiative lancée sur Facebook le 28 août, quelques heures après la démission de Nicolas Hulot, et qui a très vite reçu le soutien de milliers de personnes sur le réseau social.


Au total, 33.000 membres de Facebook se sont inscrits à l'événement, et plus de 30.000 avaient exprimé leur volonté d'y participer. Combien sont-ils réellement venus battre le pavé ? Deux chiffres circulent : 18 500 selon la police, 50 000 selon les organisateurs. Seule certitude : des milliers de Parisiens ont répondu présents. Le cortège, censé rejoindre la place de la République, était encore dense sur le boulevard Sébastopol vers 16h00, alors que des centaines de personnes étaient encore massés devant la mairie. "Si je suis ici grâce à Facebook ? Pas du tout ! C'est une amie qui m'en a parlé, elle l'avait lu dans le journal", nous précise Catherine. Bientôt retraitée, cette écolo assure que le départ du gouvernement de Hulot l'a convaincu de venir.

"L'été qui vient de se dérouler a servi de déclic"

S'il était physiquement absent, l'ancien ministre semble en effet au cœur des discussions entre les manifestants. Nombreux sont ceux à lui dédier leurs pancartes : "Tous ministres de l'Ecologie ! Les lobbys au tapis !" pour les uns, "La planète s'est fait déc'Hulotter" pour les autres. Philippe, lui, est venu non pas pour le ministre mais pour ses deux enfants. "L'été qui vient de se dérouler a servi de déclic, et non l'organisation de cet événement sur Facebook. Entre les incendies, les pics de chaleur ou de pollution… je me demande quel monde nous allons leur laisser." Un peu plus loin, des étudiants en Droit ont récupéré des cartons. Assis à même le sol, ils improvisent des pancartes. "J'ai vu passer l'event sur Facebook, je me suis mis dessus pour pas oublier. Finalement j'ai motivé mes potes, on a l'impression que ça empire un peu plus chaque année", nous raconte Pierre. 


Si Maxime Lelong, qui a créé l'événement sur Facebook, ne se revendique pas militant environnemental et assure ne pas être engagé dans un parti politique ou dans une grande ONG, ces derniers ont néanmoins répondu présents ce samedi. Les drapeaux NPA et du PS côtoient ceux des ONG environnementales comme Greenpeace ou Oxfam.


Même si ces organisations ont mobilisé leurs troupes en marge d'un événement initié sur Facebook, cela n'a visiblement pas dérangé Maxime Lelong. Celui-ci a reconnu auprès de l'AFP avoir un moment "paniqué face à l'engouement" pour sa marche, prévue à l'origine le 2 septembre. Rapidement, il a été approché par l'association 350.org, qui avait elle-même prévu un rassemblement le 8 à Paris. Ils ont décidé de fusionner les événements. Depuis, des dizaines d'ONG se sont jointes au mouvement.


Des ONG qui, visiblement, ont permis de gérer l'afflux massif de manifestants. Avec leurs brassards jaunes, ils étaient répartis aux quatre coins du parvis pour orienter une foule qui, visiblement, ne savait guère de quel côté avancer. "Cela se passe toujours de la même façon ?", interroge une touriste australienne, une affiche "Planète en Danger" sous le bras. A ses côtés, son mari tente de comprendre le slogan sous lequel un homme défile. "Ça veut dire quoi : 'Même nu, j'ai chaud ?'".

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