VIDÉO - Késako #C'est quoi un bobo ?

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QU'EST QUE C'EST ? - Renaud en a fait une chanson, Henri Guaino les déteste et NKM en serait une. Mais au fait, c'est quoi au juste un bobo ?

Késako, c'est le nouveau format vidéo de LCI qui propose de vous expliquer ces mots, expressions et noms que l'on entend à la radio, dans la rue ou que l'on emploie soi-même sans bien savoir d'où ils viennent et ce qu'ils veulent dire. Pour cet épisode, c'est l'expression "bobo" qui est analysée.


Le mot a (re)fait irruption récemment dans l'actualité à plusieurs reprises. Jeudi 15 juin, Nathalie Kosciusko-Morizet, en campagne pour Les Républicains aux législatives, fait un malaise après une altercation avec un homme qui la traite de "bobo de merde". Quelques jours auparavant, Henri Guaino a qualifié les électeurs de sa circonscription de "bobos égoïstes". 

Selon le dictionnaire Larousse, un bobo est l'abréviation de l'anglo-américain "bourgeois bohemian", bourgeois bohème. C'est une expression familière qui définit une personne plutôt jeune, aisée et cultivée, affichant son anticonformisme. 


Pourtant, pour les sociologues, le terme "bobo" n'a pas de réelle définition, comme nombre de catégories floues utilisées par les journalistes. À l'origine, c'est le journaliste du New York Times David Brooks qui s'en sert dans son livre "Bobos in Paradise" publié en 2000.  Les "bobos" sont pour lui les nouveaux yuppies (Young Urban Professional : jeunes cadres dynamiques aux États-Unis). Un groupe social qui s'oberve notamment dans les pays développés et qui, selon l'auteur, se situerait au croisement de l'idéalisme des années 1960 et des comportements libéraux et individualistes de l'ère Reagan. 

Contactée par LCI, Clara Bamberger, qui a publié en 2013 le livre "De l'art d'être bobo", estime que l'usage de l'expression "bobo" a changé ces dernières années. "À l'origine, il y a des critères assez clairs pour être qualifié de 'bobo' : avoir des revenus élevés, un postionnement politique perçu comme progressiste et vivre dans un centre urbain", explique-t-elle.


Si le qualificatif pouvait parfois être utilisé de manière neutre, il sert aujourd'hui essentiellement à insulter, observe Clara Bamberger. "Le champ d'application de ce mot s'est largement étendu et peut concerner désormais toute personne qui émet une opinion vaguement progressiste". 

En vidéo

VIDÉO - Henri Guaino et les électeurs bobos

À tel point que même Nathalie Kosciusko Morizet, pourtant personnalité politique de droite, peut être qualifiée de "bobo". Pour Clara Bamberger, "cela tient au positionnement politique de NKM sur les questions sociétales, assez proche de celui de la gauche". 


Finalement, analyse l'auteure, "dans un contexte de défiance envers les politiques, où l'enjeu est de montrer que l'on comprend les préoccupations de la majorité des Français, insulter un responsable de 'bobo', c'est lui dire qu'il est hors-sol, éloigné de ces préoccupations". Et de prendre l'exemple du Front national, "qui insulte de 'bobo' toute personne qui n'a pas les mêmes idées". 

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