Essais nucléaires : la France a une "dette" envers la Polynésie française, selon Macron

Essais nucléaires : la France a une "dette" envers la Polynésie française, selon Macron

ENVIRONNEMENT - Au dernier jour de son déplacement en Polynésie française ce mardi (heure locale), Emmanuel Macron a souhaité "la vérité et la transparence" sur les essais nucléaires controversés menés par la France.

En déplacement à Papeete, le président français Emmanuel Macron a déclaré ce mardi que la France avait "une dette" envers la Polynésie française pour les essais nucléaires "pas propres" réalisés de 1966 à 1974 dans le Pacifique. "La nation a une dette à l'égard de la Polynésie française", a affirmé le chef de l'État au dernier jour de sa visite sur l'archipel. "Cette dette est le fait d'avoir abrité ces essais en particulier ceux entre 1966 et 1974, dont on ne peut absolument pas dire qu'ils étaient propres."

Dans son discours devant les responsables polynésiens, entamé par quelques mots issus de la langue locale, le chef de l'État a ajouté :"J'assume et je veux la vérité et la transparence avec vous", en déclarant que les victimes de ces essais devaient être mieux indemnisées, sans prononcer toutefois le mot "pardon" qui était réclamé par des associations de victimes.

Sur les indemnisations, il a notamment souligné qu'à son élection en 2017, "11 dossiers avaient été finalisés" et que "depuis 187 dossiers" l'ont été. "C'est un progrès conséquent, mais insuffisant", a-t-il jugé, en annonçant ensuite que les "délais de dépôt des dossiers seront prolongés" pour les ayant-droits.

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193 essais nucléaires pendant près de 30 ans

Pour rappel, la France avait transféré en 1966 son champ de tir en Polynésie française, après 17 essais nucléaires réalisés dans le Sahara, sur les atolls de Mururoa et Fangataufa. Pendant près de 30 ans, le pays a ainsi procédé à 193 nouveaux essais, d'abord atmosphériques, puis souterrains. Le dernier a eu lieu le 27 janvier 1996 après la décision du président Jacques Chirac de reprendre les tirs malgré le moratoire décidé trois ans plus tôt par son prédécesseur, François Mitterrand.

"Je veux vous dire clairement que les militaires qui les ont fait ne vous ont pas menti", a poursuivi Emmanuel Macron. "Ils ont pris les mêmes risques (...) Il n'y a pas eu de mensonge, il y a eu des risques pris qui n'étaient pas mesurés, y compris par les militaires. Je pense que, c'est vrai, on n'aurait pas fait ces mêmes essais dans la Creuse ou en Bretagne", a-t-il fait remarquer.

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