La correspondance entre Marie-Antoinette et son amant présumé révélée par la science

La correspondance entre Marie-Antoinette et son amant présumé révélée par la science

LIAISONS DANGEREUSES - Depuis longtemps, les historiens soupçonnent une relation amoureuse entre la reine Marie-Antoinette et l'organisateur de la fuite de Varennes, le comte de Fersen. Une partie de leur correspondance secrète vient d'être déchiffrée par des chercheurs.

La confirmation d'une romance inavouable entre la reine de France et un diplomate suédois ? Des chercheurs des Archives nationales sont récemment parvenus à décrypter des dizaines de lettres que se sont échangées Marie-Antoinette et Axel de Fersen en pleine révolution française. Plusieurs lignes avaient été caviardées avec soin - c’est-à-dire recouvertes d’encre afin d’être rendues illisibles. Une étude par "spectroscopie de fluorescence des rayons X (XRF)" a permis de rendre lisibles des "passages largement sentimentaux", ont indiqué les scientifiques dans leur étude récemment publiée dans Science Advances

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Dans l'une des lettres, Marie-Antoinette, alors enfermée aux Tuileries, écrit le 4 janvier 1792 : "Je vais finir non sans vous dire mon cher et bien tendre ami, que je vous aime à la folie et que jamais, jamais je ne peux être un moment sans vous adorer".  Elle s'adresse au comte Axel de Fersen qui, quelques semaines plus tôt, lui demandait ceci : "Qu'allons-nous devenir ma tendre amie ? Songeons-y. Sans vous, il n'est point de bonheur pour moi, l'univers n'est rien sans vous"

Au-delà des mots, "il est intéressant de voir comment les aspects intimes et les questions purement politiques sont entrelacées. Cette correspondance illustre comment la période révolutionnaire atteint le paroxysme de l'assimilation entre vie amoureuse et vie politique", soulignent, dans leur étude, les chercheurs français. 

Des motivations politiques ... mais aussi personnelles

Parmi les organisateurs de la fuite manquée de Varennes, Axel de Fersen semble donc avoir voulu sauver la monarchie française, mais aussi (et peut-être surtout) son amour pour Marie-Antoinette. "Il va intervenir auprès des cours d'Europe, - à Bruxelles et à Viennes notamment - pour que les puissances étrangères soutiennent la monarchie française. Ce qui est quand même assez incroyable", s'exclame l'historienne Isabelle Aristide-Hastir, responsable des archives privées aux Archives nationales.

Surtout, les chercheurs ont découvert que le mystérieux diplomate suédois était à l'origine de la censure des lettres. Ils se sont en effet aperçus qu'il était possible de trouver, pour chaque encre de caviardage, son équivalent en matière de composition parmi les treize pigments employés par Fersen. Autre preuve : sur l'un des documents, deux mots, avec une écriture proche de celle d'Axel de Fersen, ont été ajoutés au texte initial avec la même plume que celle utilisée pour raturer le texte. 

Le noble a donc vraisemblablement choisi de conserver précieusement les lettres - au lieu de les détruire, tout en adoptant un stratagème permettant de protéger l’honneur de la reine (et peut-être aussi ses propres intérêts). Pour cela, il s'est donné beaucoup de mal, rendant la transcription particulièrement complexe. "On change de stratégie à chaque lettre et, parfois même, à chaque mot. Des fois, on est obligé de faire les choses légèrement différentes, voire complètement différentes parce que ça marche très bien sur une demi-ligne, mais plus du tout sur celle qui suit", confirme à TF1 Anne Michelin, physico-chimiste du Muséum national d'histoire naturelle de Paris. 

La nature de la relation encore incertaine

Pour autant, ces nouvelles découvertes ne permettent pas - en tant que telles - de connaître la nature exacte de la relation entre Marie-Antoinette et le comte de Fersen. "Ces nouveaux documents ne forment pas une correspondance érotique, ni même à proprement parler amoureuse, puisqu'aucun de ces courriers, rédigés entre fin septembre 1791 et début janvier 1792, n'est entièrement consacré à ce thème", note dans Le Monde Isabelle Aristide, conservatrice aux Archives nationales. La transcription effectuée par les scientifiques reste "sujette à interprétation", reconnaissent d'ailleurs ces derniers. "Le choix du vocabulaire (bien-aimé, tendre ami, adorer, follement) atteste d’une relation particulière entre Marie-Antoinette et Fersen, même s’il y a une influence du tourbillon révolutionnaire, qui favorise une certaine intensité des émotions", tempèrent-ils néanmoins.

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À ce jour, sept lettres sur quinze n’ont pas encore pu être déchiffrées.

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