"On ne peut ni verbaliser, ni dépister" : le gaz hilarant, un danger en roue libre

"On ne peut ni verbaliser, ni dépister" : le gaz hilarant, un danger en roue libre

LÉGISLATION - Mardi soir, une automobiliste a fauché quatre piétons sur les Champs-Élysées à Paris. Selon l'enquête, elle aurait fait usage de ballons remplis de protoxyde d'azote peu de temps auparavant. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce produit n'est pas interdit à la consommation avant de prendre le volant.

Maux de tête, vertiges, mais aussi problèmes neurologiques persistants dans les cas les plus graves : un rapport de l'agence sanitaire Anses alertait l'année dernière sur les dangers d'inhaler du protoxyde d'azote, le gaz des siphons à chantilly utilisé comme une drogue euphorisante. Pour autant, ce mardi 21 septembre vers 21 heures, une conductrice a fauché quatre personnes  après avoir consommé ce gaz hilarant au volant de sa Smart. Selon les enquêteurs, elle se serait filmée sur le réseau social Snapchat en train d'inhaler le produit quelques secondes avant l'accident.

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Il faut dire que le protoxyde d'azote est de plus en plus populaire parmi les jeunes. Mais ses effets euphorisants, qui durent moins d'une minute, sont totalement incompatibles avec la conduite, prévient le Pr Amine Benyamina, addictologue. "Si vous prenez du protoxyde d'azote et que vous prenez le volant, vous n'avez pas tout à fait votre vigilance ni votre concentration. On peut être un peu soûl et on peut perdre aussi sa capacité à distinguer les choses", explique-t-il dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Ça explose depuis deux ans, ça monte vraiment crescendo.- Noura Berrahmouni, syndicat Alliance de la police nationale

Problème : il est en vente libre sous la forme de bombonnes de gaz utilisées en cuisines. Car légalement, il ne fait pas partie des psychotropes. Par conséquent, les forces de l'ordre n'ont pas mission de contrôler sa consommation et ils ne peuvent pas la verbaliser au volant. Toutefois, sur les Champs Élysées comme ailleurs, les policiers y sont de plus en plus souvent confrontés.

"Ça explose depuis deux ans, ça monte vraiment crescendo et de plus en plus. On s'en rend beaucoup plus compte, car on est dans l'après Covid donc les gens se libèrent un peu plus, sortent un peu plus. On ne peut ni verbaliser, ni dépister", constate Noura Berrahmouni, du syndicat Alliance de la police nationale. 

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Légalement, la consommation de ce gaz sur la route est toutefois une circonstance aggravante en cas d'accident. Plusieurs maires et syndicats des forces de l'ordre demandent sa classification en stupéfiant dont la consommation serait strictement interdite au volant.

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