Le glyphosate sur la sellette : 5 solutions alternatives pour dire adieu aux herbicides

MÉTHODES DOUCES – Les Etats membres de l'UE ont réautorisé lundi pour 5 ans le glyphosate, mais Emmanuel Macron a affirmé que cet herbicide controversé serait interdit en France "au plus tard dans trois ans". Dès lors, comment les jardinier amateurs pourront-ils faire la guerre aux mauvaises herbes ? Des solutions alternatives existent déjà.

Si vous faites partie des 17 millions de Français qui jardinent, peut-être êtes-vous perplexe face au débat sur le glyphosate : comment et par quoi remplacer cet herbicide controversé classé "cancégorène probable", que l'UE a réautorisé pour cinq ans lundi mais qu'Emmanuel veut interdire en France "au plus tard dans trois ans" ? Dans votre combat contre les mauvaises herbes, des méthodes naturelles existent. LCI les avait passées en revue en 2015 avec un jardinier amateur, Albert Demiaute, président de l'Association des Jardiniers de France de Nice. Nous republions aujourd'hui ses conseils, plus que jamais d'actualité.



Les désherbants biologiques
Des herbicides comme le Roundup, Albert Demiaute les a depuis longtemps bannis de son jardin. "Je les ai utilisés dans ma jeunesse, mais depuis que je sais qu'ils sont cancérogènes, c'est fini !", nous assure ce sexagénaire. Mieux vaut donc, si vous voulez continuer à utiliser des produits achetés en magasin, opter pour des désherbants biologiques. "Il en existe qui sont des dérivés de plantes, mais il y en a très peu", souligne Albert Demiaute. Bien se renseigner auprès du vendeur, donc.

Les BRF, cartons et autres couvertures du sol
Les mauvaises herbes vous gâchent la vie ? Etouffez-les ! "Partout où il y a des plantes indésirables, vous couvrez le sol. Elles vont finir par mourir par asphyxie", explique notre jardinier niçois. Lui utilise du Bois raméal fragmenté (BRF), autrement dit du bois broyé, notamment entre ses tomates. Mais du paillage ou des cartons peuvent également faire l'affaire. "Je déconseille le film plastique noir car il émet des gaz en cas de fortes variations de températures", souligne Albert Demiaute. Qui ne voit que des avantages à cette méthode : "En plus de chasser les mauvaises herbes, cela permet de garder l'humidité pendant l'été et de protéger le terrain du froid pendant l'hiver. Et lorsque le BRF se décompose dans le courant de l'année, cela donne de l'humus pour la fertilisation".

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Le retroussage de manches
"Nous les jardiniers amateurs, on utilise essentiellement l'huile de coude : toute la mauvaise herbe, on l'arrache !", poursuit Albert Demiaute. Attaquer les mauvaises herbes au couteau ou à la binette, il n'y a pas plus naturel. "Si vous nettoyez ainsi 10 m2, il va peut-être en repousser un demi-m2. Ce n'est pas un problème : vous l'enlèverez six mois plus tard et ce sera fini." Autre astuce du jardinier : "Les bonnes herbes bien grasses, on les garde et on les enterre pour faire de l'engrais vert".


Les désherbants thermiques
Des machines de désherbage à eau chaude ou à vapeur existent, mais les jardiniers amateurs peuvent se contenter de verser de l'eau bouillante sur les herbes indésirables : chauffer la partie aérienne des plantes - sans la faire brûler – permet de les faire mourir. "Moi, je déconseille les désherbeurs avec flamme car on risque aussi de tuer les petits animaux en-dessous", prévient Albert Demiaute.


Les bonnes vieilles recettes de grand-mère
Certains recommandent du vinaigre blanc, d'autres de l'ammoniac, ou même parfois du gros sel pour faire la guerre aux mauvaises herbes. "Mais attention à ne pas s'écarter du naturel !", conclut Albert Demiaute.

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