VIDÉO - Le vignoble bourguignon dans le viseur des milliardaires étrangers

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TERRES AGRICOLES - Le rachat d'un des fleurons du vignoble bourguignon par le propriétaire du club de foot d'Arsenal a semé l'émoi parmi les viticulteurs locaux. Ils redoutent une flambée des prix qui renchérirait l'impôt sur les transmissions.

La nouvelle n’a pas longtemps fait la une des journaux, mais dans le monde viticole français, elle a marqué les esprits. En janvier dernier, l'homme d’affaires américain Stanley Kroenke, davantage connu pour être le propriétaire du club de foot d’Arsenal - mais aussi de plusieurs domaines viticoles en Californie - acquérait le domaine Bonneau du Martray, un des fleurons du vignoble bourguignon. 


La vente de ce domaine de 11 hectares, dont 9,5 hectares de corton-charlemagne grand cru, situé à Pernand-Vergelesses (Côte-d’Or), aurait atteint des sommets : entre 100 à 200 millions d’euros. Une fourchette on ne peut plus large pour une transaction entourée du plus grand secret et propice à faire tourner la tête aux investisseurs du secteur. De quoi surtout inquiéter Vincent Rapet, un viticulteur "à l’ancienne" dont le domaine jouxte celui de Bonneau du Martray, et que l’équipe du JT de TF1 a rencontré.  

On est peut-être comme les ours blancs qui sont en train de disparaîtreVincent Rapet, viticulteur bourguignon

"Cette acquisition nous projette dans un monde qu’on ne connaît pas, avec les gens les plus riches de la planète", note-t-il. "On est peut-être à la fin d’un cycle, où les gens comme moi, qui sont propriétaires, viticulteurs, qui taillent leur vigne, exploitent et vendent le vin vont disparaître – comme les ours blancs – et être remplacés par d’autres structures."

 

A 20 km de là, Bernard Martenot, viticulteur à Saint Romain, partage les mêmes craintes. Car l’envolée du prix des terres a des conséquences directes sur l’impôt sur les transmissions. "Ce serait une injustice de ne pouvoir transmettre à mes enfants ce que mes ancêtres ont bâti depuis 13 générations. " 


Grâce à la donation de leur père, ses enfants, Damien et Karine, espèrent sauver ce qui fait l’identité du métier de viticulteur bourguignon . "Le métier de la vigne et du vin doit rester entre les mains de passionnés", estime Damien. "Je me battrai jusqu’au bout", renchérit Karine, sa sœur. "Je ne veux pas laisser mes terres à qui que ce soit. Mes parents ont trop travaillé".  Dans la douceur et la beauté des coteaux bourguignons, c’est assurément une partie de David contre Goliath qui se joue. 

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