Les cambriolages, l'autre risque qui menace les victimes d'inondations

Les cambriolages, l'autre risque qui menace les victimes d'inondations

REPORTAGE - En raison de la crue de la Charente, des centaines de maisons inondées de Saintes ont été désertées. Leurs habitants redoutent désormais des pillages, fréquents après des catastrophes de ce type.

Les évacuations continuent à Saintes, l'une des communes de Charente-Maritime les plus sinistrées par la crue de la Charente. Alors que la ville est submergée depuis la semaine dernière, les forces de l'ordre ont une nouvelle mission : veiller à ce qu'aucune personne malveillante ne vienne piller les logements désertés par leurs propriétaires, comme ce fut le cas lors de la crue historique en 1994. 

Face à cette crainte, les habitants appellent les policiers pour les prévenir qu'ils quittent leur domicile. "On les encourage à le faire parce qu'effectivement, si on a des adresses précises, c'est plus facile de sécuriser ces secteurs-là", souligne la commissaire Violette Wetterwald, interrogée par TF1 dans le reportage ci-dessus.

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Avec d'autres membres de son équipe, la cheffe de la police déambule dans les rues, sur des trottoirs surélevés, dans le but d'interroger les commerçants restés sur place. Ces derniers indiquent ne pas avoir remarqué d'activité suspecte pour le moment mais restent sur leurs gardes. "On ne sait jamais, il y a toujours des profiteurs", rappelle l'un d'eux. 

En dépit de la surveillance des policiers, tous ne s'en vont donc pas. De nombreux habitants préfèrent en effet affronter le froid et les coupures d'électricité plutôt que de voir leur maison risquer d'être saccagée par des voleurs. "Ça ne va pas être facile de rester dans la maison, mais je vais rester là quand même parce que je suis un dur à cuir", affirme un homme sur sa barque. "On s'éclaire à la bougie. J'espère qu'ils ne vont pas nous couper le gaz parce que maintenant on a plus que ça pour faire à manger. Je vis sur ce que j'avais dans mon frigo", raconte une autre propriétaire, les jambes à moitié dans l'eau devant sa demeure. 

Un phénomène récurrent

Tirer profit d'une catastrophe naturelle peut sembler inhumain. Pourtant, cela se reproduit souvent. En octobre 2018 ainsi, cinq personnes avaient été arrêtées dans la petite commune de Barbaira (Aude) par la gendarmerie alors qu'elles étaient en train de piller un camion de denrées alimentaires après des inondations dévastatrices.

En juin 2016, cinq autres arrestations avaient eu lieu dans l'Essonne. En raison d'une montée inhabituelle des eaux, les malfrats utilisaient des barques pour piller les maisons aux fenêtres brisées ainsi que les immeubles aux digicodes défectueux.

Moins d'une année auparavant, en octobre 2015, ce sont des habitants de Cannes (Alpes-Maritimes) ainsi que certains commerçants de la ville qui avaient été victimes de tentatives de vols et de vols avérés, à la suite de pluies violentes. La police avait alors procédé à l'interpellation de neuf personnes. 

Terminons ce triste inventaire non-exhaustif avec le cas des deux maçons qui avaient profité des coupures de courant provoquées par la tempête Klaus, en janvier 2009, pour cambrioler quelques maisons à Biscarrosse (Landes). Les voleurs n'en étaient pas à leur premier coup d'essai, ce qui avait entraîné l'ouverture d'un procès en avril 2014.

La décrue après un pic de 6,20 m

La Charente qui a atteint ce lundi un pic de 6,20 m à Saintes devrait amorcer sa décrue dès mardi, ce qui inquiète particulièrement les forces de l'ordre. Elles devront redoubler de vigilance avec des maisons plus accessibles. Aucun des 600 habitants relogés - sur les 2000 au total dont la maison a été touchée par la crue - ne pourra retrouver son domicile intact avant une dizaine de jours au moins.

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