VIDÉO - Les Franjynes, l'invention d'une jeune Niçoise qui pourrait changer la vie des femmes atteintes d'un cancer

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COMBAT - Aujourd'hui, Julie dit qu'elle a "tout gagné". Tout n'était pourtant pas très bien parti quand, en 2015, les médecins lui diagnostiquent un cancer agressif du sein. Mais la jeune femme de 27 ans décide rapidement de faire de cette maladie un moteur, qui s'est aujourd'hui transformé en success-story.

"Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Depuis quelques semaines, il y a un effet boule de neige". À 27 ans, Julie est dépassée par le succès. Touchée par un cancer du sein en 2015, cette Niçoise a l’idée de créer ses propres "perruques" : des turbans assortis d’une fausse frange. En partageant ses conseils beauté sur son blog, la jeune femme rencontre un succès croissant. À tel point qu’elle décide de déposer un brevet pour ses créations, et de lancer sa marque.  La commercialisation est attendue pour le printemps.

La météorite

L’annonce de mon cancer, "ça a été un peu la météorite", se souvient Julie pour LCI. "À ce moment-là, j’ai été voir sur internet à quoi j’allais ressembler et ça a été éprouvant". Pourtant, nulle autre alternative à la perruque ou au crâne chauve ne se détachait de la Toile. La jeune femme se dirige donc, peu convaincue, vers un magasin de perruques. "Ça a été l’une des épreuves les plus difficiles de ma maladie. Je ne me reconnaissais pas, j’avais l’impression d’être déguisée". Finalement, le nombre de fois où elle la portera se compteront sur les doigts de la main.

La révélation

Bien décidée à trouver un look qui lui corresponde, Julie ressort ses foulards des placards et les essaye, à l’intuition, avec une frange à clip. Elle imagine en tout sept nouages différents, pour les sept jours de la semaine, en s’inspirant notamment des boubous africains. "Contrairement à la perruque ou au bonnet, je retrouvais avec les turbans la sensation de me coiffer chaque matin. Et ça a vraiment un effet thérapeutique". Le résultat, lui, est sans appel. "Les gens me regardaient dans la rue et me faisaient des petits sourires. J’avais aussi beaucoup de compliments et croyez-moi, c’est génial d’avoir des compliments quand on a plus de cils ni de sourcils", nous raconte-t-elle.

La concrétisation

En partenariat avec la Ligue contre le Cancer, elle décide, en plus des tutos qu’elle donne sur son blog, ou sa page Facebook, de lancer des ateliers gratuits pour partager son concept. Des moments de partage qui lui donnent "la banane", ainsi qu’à toutes les participantes. "Ça ressemble vraiment à un salon de coiffure, mais sans cheveux !", ironise-t-elle. En partenariat avec ses "élèves", elle finit par mettre au point un autre système que la frange à clip, qui de toute évidence ne peut pas se clipser sur des cheveux inexistants. Elle invente une frange, fixée grâce à un système ingénieux, dont elle dépose le brevet.

La success-story

En voie de rémission, en novembre dernier, Julie lance une campagne de crowfunding, aucun banquier n’ayant accepté de lui prêter de l’argent pour son projet. En quarante-cinq jours, et grâce au soutien de sa communauté, elle récolte 35.000 euros, soit 4.000 euros de plus que prévu. De quoi lancer la production des "Franjynes", le nom déposé pour ses franges, et de ses propres foulards. "Il y aura une collection unie et je vais faire une collaboration par saison pour des foulards à motifs". Une collection sera également disponible pour les enfants. Les franges coûteront cinquante euros et le turban quarante. Une parure qui pourra entièrement être prise en charge par la sécurité sociale, qui rembourse aux personnes atteintes d’un cancer 125 euros tous les six mois pour l’achat d’une perruque. La commercialisation débutera au printemps sur son tout nouveau site : lesfranjynes.com

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