VIDÉO - Drogues : les nouvelles routes européennes du narcotrafic

VIDÉO - Drogues : les nouvelles routes européennes du narcotrafic

ENQUÊTE - Ces dernières semaines, plusieurs laboratoires d'extraction de cocaïne ont été démantelés en Belgique. Une goutte d’eau tant le trafic est vaste, mais ces saisies tendent à prouver que les routes de la drogue sont en train de changer.

Une zone industrielle dans la banlieue nord de la capitale belge. Dans ce garage anodin, les policiers ont récemment découvert, comme sur cinq autres sites de la région bruxelloise, les restes d’un laboratoire clandestin d'extraction. Les petits chimistes du crime ont déguerpi, mais tout ce qu’il faut pour reconstituer de la cocaïne pure y était installé. Des sites comme celui-ci, qui apparaissent de plus en plus fréquemment en Belgique et aux Pays-Bas, permettent aux narcotrafiquants de redistribuer des tonnes de cocaïne partout en Europe.

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Dans le jargon policier, ces labos clandestins d’extraction de drogue, comme celui que montre l’enquête du 20H de TF1 en tête d’article, sont appelés des "blanchisseries". Il s’agit pour les trafiquants d’extraire la cocaïne des produits dans lesquels elle était imprégnée pour passer les frontières. Car pour tromper les douaniers ou les chiens renifleurs, la drogue est dispersée dans des objets légaux qui n’attireront pas l’attention : des vêtements, des aliments, de la peinture... Ensuite, les cargaisons récupérées, les chimistes du milieu doivent collecter et comprimer les stupéfiants, pour les vendre sur le marché européen. 

1,6% des conteneurs du port d'Anvers sont scannés

Dans le port d’Anvers, pas très loin de ces labos de la région bruxelloise, plus de 12 millions de conteneurs sont déchargés chaque année, et les douaniers ne peuvent en scanner que 1,6%. Si des indices affinent leur ciblage, ils savent que l’essentiel de la drogue va passer sous leurs yeux sans qu’ils la détectent, faute de moyens et de temps pour inspecter les conteneurs. Le volume annuel des saisies bat tous les records, et laisse donc supposer une explosion du trafic proportionnelle. "Il y a encore quelques années", s’inquiète la porte-parole du ministère des Finances belge, "lorsqu’on atteignait seize tonnes annuelles, c'était un record. Et maintenant, on en est à plus de 70 tonnes !"

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Si les saisies policières ou douanières ne représentent qu’une portion de l’ensemble du trafic, celles qui ont eu lieu récemment en Belgique et aux Pays-Bas révèlent tout de même un changement dans les routes qu’il utilise. Délaissant le passage par le sud de la Méditerranée, la route de la drogue passe désormais par les grands ports du nord de l’Europe. 

La carte des groupes mafieux s’en trouve également modifiée, et les Pays-Bas connaissent depuis une dizaine d’années une forte augmentation de la violence liée aux gangs de narcotrafiquants. "Cette nouvelle génération est plus jeune et violente, et surtout vraiment très riche", décrit le journaliste spécialisé Marijn Schrijver, pour qui la mondialisation des échanges a ouvert les ports du Nord à ce trafic : "Ce sont les meilleurs points de passage pour l’électroménager… mais aussi pour la cocaïne"

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