Accidentalité, pollution... Les 30 km/h en ville, quel impact ?

Accidentalité, pollution... Les 30 km/h en ville, quel impact ?

VITESSE - Depuis ce lundi, les automobilistes ne doivent pas dépasser les 30 km/h dans la plupart des rues de Paris. Les partisans de cette mesure mettent en avant l'amélioration de la sécurité routière et la baisse de la pollution qu'elle engendrerait. Qu'en est-il précisément ? Le 20H de TF1 a enquêté à Grenoble, où la vitesse est ainsi limitée depuis 5 ans.

Désormais, les habitants de la capitale devront appuyer moins fort sur la pédale. La vitesse est limitée à 30 km/h dans la grande majorité de Paris depuis ce lundi 30 août. En 2016, Grenoble a été l'une des premières villes à adopter cette limitation de vitesse. Mais cinq ans après, cette mesure reste difficile à faire appliquer dans l'agglomération grenobloise. Alors les policiers continuent de faire de la prévention. 

Face aux caméras de TF1 dans la vidéo en tête de cet article, un policier interpelle un automobiliste bien au-dessus des 30 km/h. "Aujourd'hui, c'est une phase de prévention, vous ne serez pas verbalisé. On attire juste votre vigilance sur votre vitesse", explique avec pédagogie l'agent. Une consigne entendue et surtout comprise par le conducteur :"Je n’avais pas l'impression de rouler vite, mais si c'est limite à 30 km/h, il faut faire attention." 

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Cette mesure a été introduite initialement avec deux objectifs, lutter contre les accidents et la pollution. Et sur le premier point, une réelle amélioration a été constatée à Grenoble : les automobilistes roulent moins vite selon la mairie. "Il a été constaté une baisse de la vitesse de 38 à 33 km/h sur nos deux ans d'évaluation, et une baisse de la circulation de 10%", explique Gilles Namur, deuxième adjoint "nature en ville, espaces publics, biodiversité et fraîcheur". 

Mais surtout, le nombre d'accidents par an est passé de 70 à 51. Et celui des piétons tués ou blessés a été divisé par deux, passant de 24 à 14 personnes.

C'est d'ailleurs ce même objectif qui a récemment poussé la mairie de Montpellier à adopter elle aussi cette baisse de la vitesse. "Le 30 km/h, c'est aussi une mesure pour les personnes âgées, handicapées ou avec des poussettes, pour qu'elles se sentent plus en sécurité dans la ville", expliquait Julie Frêche, délégué aux transports de la ville de l'Hérault, dans le reportage de TF1 ci-dessous diffusé fin juillet.

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Limitation de vitesse à 30 km/h en ville : une mesure qui fait polémique

Les voitures pollueraient plus à 30 qu'à 50 km/h en vitesse moyenne

Et sur le plan de la pollution ? Il y a quelques jours, un rapport publié par l'établissement public Cerema, placé sous la tutelle du ministre de la Transition écologique et solidaire, a remis en doute l'efficacité de cette mesure : il met en avant le fait que les voitures polluent plus à 30 qu'à 50 km/h en vitesse moyenne. Concrètement d'après les données publiées par l'organisme, un véhicule à 30 km/h émet 18,9% de plus d'émissions de dioxyde de carbone que s'il avançait à 50 km/h.

L'application des conclusions de cette étude pose toutefois question pour les déplacements en ville. "Dans les trajets urbains, les automobilistes ne sont jamais à une vitesse moyenne. Ils accélèrent, décelèrent, s'arrêtent aux feux. Cette conclusion ne s'applique pas à ces trajets", pointe Marie Cheron, responsable mobilité au sein de la fondation Nicolas Hulot, dans les colonnes du Figaro.

À Grenoble, la qualité de l'air a été améliorée, mais ce n'est pas forcément dû à la baisse de la vitesse selon un expert interrogé par TF1.  En la matière, cela se jouera sur du plus long terme à ses yeux : "Ça pourrait avoir un impact et améliorer la qualité de l'air si cette réduction de vitesse conduit à une réduction de la voiture dans le centre-ville au profit de personnes qui prennent le vélo et les transports en commun", explique Didier Chapuis, directeur territorial de l'observatoire de la surveillance et de la qualité de l'air. 

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Les commerçants grenoblois, de leur côté, ne sont pas contre cette mesure, mais ils redoutent que les travaux lancés pour réduire la place de la voiture en ville contrarient la visibilité et l'accessibilité de leurs commerces.

"Il y a une politique municipale qui préconise le vélo. Je suis dans une rue du centre-ville, elle est fermée pendant un an à cause des travaux, sans indemnisation", déplore Gilles Hoffmann, vice-président de la fédération des unions commerciales. 

Lundi, Paris deviendra la neuvième métropole française à appliquer cette mesure après Bordeaux, Montpellier, Toulouse, Nantes, Rennes, Lille, Grenoble et Strasbourg. 

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