Front anti-libéral pour "reprendre le point" à Macron : entre 8.000 et 40.000 manifestants à Paris

ENSEMBLE - Après une première vague de manifestations plutôt timorées, plusieurs organisations syndicales de travailleurs, étudiants et lycéens font front commun, avec l'appui de l'opposition de gauche, contre la "politique libérale" menée par le gouvernement. Mais là encore, cette journée d'action du jeudi 16 novembre semble marquée par une mobilisation limitée.

Le gouvernement doit-il craindre la mobilisation de ce jeudi 16 novembre ? Si les grévistes ne sont pas nombreux (on compte tout de même quelques transports bloqués et des perturbations à Radio France), le front syndical n'a jamais été aussi uni depuis le début de la contestation de la politique du gouvernement. Cette fois, les contestataires espèrent s'appuyer sur les lycéens et les étudiants, mais dans un nombre encore incertain. Néanmoins, quelque 170 manifestations sont prévues en France, réunissant la CGT, pour la première fois de manière officielle FO, Solidaires, la FSU, l'Unef (étudiants, proche de l'aile gauche du PS), l'UNL et la Fidl (lycéens). Jean-Claude Mailly a notamment défilé avec Jean-Luc Mélenchon à Marseille.

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Mailly défile à Marseille

D'autres cortèges en province ont défilé, réunissant entre 3000 et 10.000 personnes à Lyon, 2500 à 4000 à Nantes, 900 à 1200 à Strasbourg, 1500 à Grenoble (selon la préfecture), 1200 à Orléans et 1000 à Clermont. La manifestation parisienne a commencé à 14h.


La division avait officiellement pris fin mardi 24 octobre, avec la signature d'un appel à la grève, surenchéri d'une lettre signée par la CFDT, la CFTC, la Fage et l'Unsa, non associées aux manifestations du jour, qui déploraient "l'occasion manquée" de la discussion sur les ordonnances, reprochant au gouvernement d'avoir "privilégié la flexibilité au détriment de la justice sociale". Un texte auquel la CFE-CGC et la FSU n'ont pas daigné s'associer.

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CSG, retraites... les fonctionnaires appelés à manifester

Le mouvement entend s'opposer à "la politique libérale" du gouvernement, laquelle vise, selon le communiqué, "à accroître les inégalités au profit d'une minorité". Une attaque à plusieurs cibles : la réforme du code du travail, qui n'avait pas réuni contre elle autant que sa grande soeur, la loi El Khomri, en 2016,  mais aussi les mesures anti-fiscales du budget 2018 et celles à venir sur la réforme de l'assurance chômage et de la formation professionnelle, ou encore 'les atteintes au service public et à la protection sociale".

"Macron a le point, pour l'instant"

Si la mobilisation ne s'annonce pas grandiose, en dépit d'un rejet apparent de la politique sociale et économique d'Emmanuel Macron, le patron de la CGT Philippe Martinez a voulu désamorcer rapidement tout constat d'essoufflement, estimant par exemple qu'"il n'y a que ceux qui ne font rien qui sont sûrs de perdre". Las, l'union n'est pas encore pour aujourd'hui, la CFDT répétant inlassablement que le syndicalisme ne s'exprimait pas forcément dans la rue.


Et le succès ? En Grèce, Jean-Luc Mélenchon, qui s'est systématiquement associé aux manifestations syndicales sans recevoir la pareille, avait admis qu'Emmanuel Macron "avait le point pour l'instant". Et le leader des Insoumis de miser beaucoup sur la mobilisation de la jeunesse, qu'il suppose exaspérée par la crise des admissions à l'université et la baisse de 5 euros des APL... en dépit des annonces d'investissement de 5 milliards du gouvernement pour l'enseignement supérieur ?

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