#MetooInceste : la parole des victimes se libère après l'affaire Duhamel

#MetooInceste : la parole des victimes se libère après l'affaire Duhamel

Depuis quelques jours, des victimes d'inceste prennent la parole sur les réseaux sociaux. Des milliers de messages ont été publiés avec le mot-clé "#MetooInceste". L'affaire Duhamel a-t-elle brisé le silence autour de l'inceste ? Enquête.

"J'avais 13 ans...", "C'était mon frère...", "C'était mon grand-père...", "J'ai eu très mal...", "J'ai pensé que c'était ma faute..."... Depuis près d'une semaine, ils sont des centaines à témoigner sur les réseaux sociaux avec ses mots de ralliement #MetooInceste. Parmi ces voix, celle de cette jeune fille qui accuse son oncle. Pendant des années, elle n'a rien osé dire. Les nombreux témoignages de ces derniers jours l'ont bouleversé. En France, 6,7millions de personnes auraient été victimes d’inceste, soit près d'un Français sur dix.

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Selon une projection récente, on estime que deux à trois élèves auraient subi un inceste et aucun milieu social n'est épargné. "Il faut aussi changer complètement de regard sur qui commet ces violences. Ce n'est pas un inconnu, c'est des proches, c'est des personnes qui peuvent être bien sous tout rapport. Et on peut ne pas du tout les soupçonner. Il faut vraiment que les enfants ne restent pas seuls avec ce qui leur est arrivé. Et plus la société en parle, plus les enfants vont pouvoir parler", souligne Dr Muriel Salmona, psychiatre, présidente de l'Association "Mémoire traumatique et victimologie".

Mais même quand les victimes parlent, portent plainte, le chemin est long pour obtenir justice. Selon Maitre Isabelle Clanet dit Lamanit, avocate spécialiste en droit de l'enfant, la difficulté réside surtout dans la preuve de l'inceste. "Vous n'avez pas ou très peu de témoins. Vous avez des victimes qui mettent du temps à parler. Donc, les preuves scientifiques, vous ne les avez pas. Et donc très rapidement, on se retrouve dans des confrontations de paroles, de l'un contre l'autre". Aujourd'hui, le délai de prescription pour un viol sur mineur est de trente ans, à compter de la majorité de l'enfant. Des associations souhaitent que ces crimes soient imprescriptibles.

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