Mondial du tatouage : "Se tatouer, c'est une manière pour les femmes de dire qu'elles sont libres"

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TATOUÉE - La célèbre convention, qui aura lieu du 9 au 11 mars à Paris, met à l'honneur les femmes. Mais est-ce encore difficile d'être tatoueuse dans ce milieu très masculin ? Et le tatouage peut-il être perçu comme un acte féministe ? Nous en avons parlé avec Rosie-Paule.

La huitième édition du Mondial du tatouage se déroulera du 9 au 11 mars prochain à la Grande Halle de la Villette, à Paris. Particularité cette année : il y aura davantage de tatoueuses que d'habitude. Elles seront 55 sur les 420 artistes présents, un chiffre qui reste cependant très bas. Alors qu'en France, les femmes sont plus nombreuses à porter des tatouages (16%) que les hommes (10%), selon une enquête Ifop.

Alors comment expliquer une telle sous-représentation de la femme dans le milieu du tatouage ? "Il y a encore beaucoup d'idées reçues de la part des clients et des tatoueurs hommes sur les femmes, explique à LCI Rosie-Paule, tatoueuse dans un salon parisien. Ça va de mieux en mieux mais quand on commence, qu'on est apprentie et qu'on est une femme, on n'est pas traitée de la même manière qu'un homme."

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VIDÉO - Access-Story : le tatouage avec Rosie-Paule

Un tatouage peut être vraiment féministeRosie-Paule

Aussi, pour Rosie-Paule, se tatouer tient de l'ordre de la "revendication". "C'est une manière de dire que tu es libre, que tu fais ce que tu as envie de faire malgré toutes les conventions sociales. C'est dépasser les idées reçues et dire Je suis une femme", estime-t-elle. Parlant de sa propre expérience, elle nous raconte qu'un tatouage "peut être vraiment féministe". Le premier qu'elle s'est elle-même tatoué représentait Jeanne la papesse, "une femme qui a réussi à tromper les hommes". Selon la légende, Jeanne aurait accédé à la papauté en se faisant passer pour un homme. L'imposture aurait été révélée quand elle aurait accouché en public lors d'une procession de la Fête-Dieu.

Se tatouer après une agression ?

Si pour Rosie-Paule la mouvance "me too" n'a pas eu d'impact sur sa clientèle, elle nous raconte avoir déjà tatoué des femmes après une agression. Un acte perçu comme une manière de "tourner la page, faire peau neuve et de se réapproprier son corps". Une cliente est même venue après avoir subi un harcèlement moral au travail : "C'était une façon de rendre visible ce qui ne l'avait pas été, marquer quelque chose qui a existé mais qui s'est passé avant". 


Si, aujourd'hui, davantage de femmes sautent le pas du tatouage, c'est selon elle par volonté de dire "j'existe, je suis une femme, je suis là, je suis l'égale d'un homme et je peux même faire plus, je peux résister à la douleur, je peux embellir mon corps ou pas". 

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