Un petit garçon peut-il être appelé Ambre ? Le procureur dit "non", le juge dit "oui", les parents appellent à l'aide

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MORBIHAN - En Bretagne, à Etel, la justice se déchire autour du prénom, jugé trop féminin, choisi pour un petit garçon par un couple de femmes. Elles ont décidé de médiatiser l'affaire.

Elles ne comprennent pas. Alors, elles veulent médiatiser leur combat. En Bretagne, à Etel, dans le Morbihan, un couple de femmes a choisi d’appeler son fils Ambre. Sauf que, depuis la naissance, la justice se divise sur la possibilité ou non de donner ce nom à un petit garçon...


Le bébé d’Alice Gondelle et sa compagne est né en janvier 2018. Elles l’appellent donc Ambre. Mais lors de la naissance, l’officier d’état civil signale le cas au Procureur de la république de Lorient, raconte France Bleu Breizh Izel, Celui-ci considère alors qu’un "risque de confusion de sexe peut nuire à l’enfant", et demande le changement de prénom. La mère est assignée devant le juge aux affaires familiales. 

Une longue procédure engagée

Sauf que le juge aux affaires familiales a estimé, lui, qu’il n’y avait pas de problème dans le choix de ce prénom, certes féminin, mais a consonance masculine et déjà donné par le passé à des garçons. Les parents pensaient avoir gagné. Mais, en juillet, le Parquet de Lorient a décidé de faire appel. L’affaire va être rejugée à Rennes. Mais cela prendra du temps : une décision n’est pas attendue avant avril 2019. D’ici là, le petit garçon aura déjà près d’un an et demi...


 Les deux femmes ne comprennent pas cette "obstination", expliquent-elles dans le Télégramme. "La juge aux affaires familiales a reconnu qu’Ambre est un prénom mixte, même s’il est principalement porté par des filles… ", raconte Alice Gondelle. Et ce qu’elle qualifie "d’acharnement" a des conséquences puisque, selon elle, la procédure d’adoption en est freinée. "Je suis aujourd’hui le seul parent reconnu", indique la femme. "L’affaire va durer, la procédure est extrêmement longue et notre fils aura deux ans quand la Justice se prononcera". Les deux femmes sont soutenues par l’association Les Enfants d’Arc-En-Ciel, et s’’interrogent, d’après France Bleu, "s’il n’y a pas aussi dans cette histoire une forme d’homophobie".

Un appel aux 37 autres Ambre sur Facebook

La procureur de Lorient, Laureline Peyreffite, commente auprès du Télégramme :  "Le parquet a fait appel de la décision puisque le jugement l’a débouté de sa demande, alors que le ministère public considère que le choix du prénom est contraire à l’intérêt de l’enfant".


Pour faire avancer les choses, les deux femmes ont décidé de médiatiser leur affaire. Et surtout, de faire appel aux internautes pour faire connaître leur histoire. Alice Gondelle a ainsi mis en ligne un petit texte, sur Facebook. Elle écrit, au nom de son fils : "Il y a 37 Ambre masculins en France. Puissiez-vous vous manifester afin de me permettre d’avoir une identité. La procédure est très longue, et il me paraît insurmontable d’adopter un nouveau prénom d’ici à mes deux ans."

La publication, postée le 6 septembre, a été partagée à des milliers de reprises, et suscite déjà de nombreux commentaires. "Je connais un petit garçon qui s'appelle Ambre. Il a 7 ans. Pourquoi lui pourrait s'appeler comme cela et pas votre fils ?", s’interroge un internaute. Une autre avance :  "Mon fils s’appelle Doryann (cela se prononce Doryanne), je n’ai jamais eu aucun souci. Ses frères ont aussi un prénom mixte, Kylian et Swann." "Les prénoms mixtes sont magnifiques ! Mieux que certains prénoms 'à la mode américaine'", dit une autre.

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