"Si tu t'approches, ils menacent de sauter à l'eau" : les pêcheurs de la Manche désemparés face au drame des migrants

"Si tu t'approches, ils menacent de sauter à l'eau" : les pêcheurs de la Manche désemparés face au drame des migrants

ÉMOTION - Mercredi après-midi, 27 migrants sont morts au large de Calais, dans la Manche, alors qu'ils tentaient de rejoindre l'Angleterre. À Boulogne-sur-Mer, les pêcheurs redoutaient cette tragédie.

Au retour de la pêche à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, avant d'accoster, un bateau se dirige vers celui des sapeurs-pompiers. Il y accroche un bateau pneumatique vide que l'équipage vient de trouver en mer. Dans le port, cette scène que montre le reportage de TF1 en tête de cet article n'étonne plus personne. 

"Les collègues ont déjà amené des zodiacs vides, personne à bord. Le zodiac, le moteur, mais plus personne à bord. À mon avis, ce qu’il s’est passé hier, ça a déjà dû se passer plusieurs fois", estime un pêcheur, Laurent Merlin, au lendemain du tragique naufrage qui a tué 27 migrants au large de Calais.

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Crise des migrants : naufrage meurtrier au large de Calais

Depuis un an, à chaque sortie en mer, les pêcheurs croisent ainsi de plus de plus d'embarcations, vides ou remplies. "Il nous est déjà arrivé de passer à côté des bateaux... Si tu te rapproches d'eux, ils menacent de sauter dans l'eau. Malheureusement, tu ne peux pas faire grand-chose… juste les accompagner et les regarder. Puis leur souhaiter bonne chance", confie Jérémy Lhomel. 

Pour les pêcheurs cependant, il est impossible de s'habituer à un tel sentiment d'impuissance, et l'émotion est d'autant plus grande que la situation semblait prévisible. "C’est de la tristesse, on pense aux enfants, on pense à tout le monde et on pense déjà au périple qu’ont fait ces gens-là pour partir de leur pays, pour arriver d’où ils sont… pour finir noyer dans la Manche. Franchement, il faut que ça cesse", appelle Christophe Lhomel.

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Au marché jeudi matin, pêcheurs comme clients tenaient le même discours : les drames doivent s'arrêter. Mais beaucoup ne voient plus d'issue à cette situation qui dure et se dégrade depuis des années. "On est désemparé par rapport à ça. Est-ce qu’il y a une solution ? On l’espère, mais bon, que faire ?", s’interroge une passante. "Ce qu’il faudrait, c’est les aider chez eux. Là, c’est déjà trop tard", avance une autre.

Certains habitants craignent que la tragédie se répète. En dépit du drame de mercredi, 70 exilés ont de nouveau tenté de traverser la Manche dans la nuit à Calais. Selon l'AFP, ils ont été retrouvés transis de froid à la gare SNCF de Calais, puis mis à l'abri en urgence.

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