VIDÉO - Octuple infanticide : les confessions de Dominique Cottrez

SOCIÉTÉ
RECIT – La quinquagénaire accusée d'avoir tué ses huit enfants à Villers-au-Tertre, dans le Nord, sort de son silence auprès de la Voix du Nord, ce jeudi. C'est la première fois qu'elle raconte son effroyable histoire.

C’est un témoignage exceptionnel. Pour la première fois depuis 2010, date de la découverte des corps des huit bébés à Villers-au-Tertre (Nord), Dominique Cottrez , accusée d’un octuple infanticide, s’est livrée ce jeudi à une de nos confrères du quotidien local la Voix du Nord .

Devant la caméra, c’est une quinquagénaire peinée, détruite, qui apparaît, qui explique essayer de se "reconstruire". Le visage grave, fermé, elle tente d’expliquer son geste pour lequel elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité - son procès est prévu du 25 juin au 2 juillet prochain - dans ce qui est la plus importante affaire d’infanticide en France.

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Aujourd’hui, et après deux années de détention provisoire entre 2010 et 2012, Dominique Cottrez, âgée de 50 ans, vit discrètement dans un appartement à une demi-heure de Villers-au-Tertre, avec son mari, qui sera témoin assisté au procès, cet été.

Expliquer son geste, elle en est incapable. Du bout des lèvres, elle explique avoir été "prise dans un engrenage", "sans solution". Quelques mois plus tôt, devant la juge d'instruction, elle avait expliqué avoir été victime d'inceste et avoir agi par peur que les enfants soient de son propre père, mort en 2007, ce que les analyses ADN démentiront.

Elle refusait de nommer les enfants

Dans le récit rapporté par le quotidien, Dominique Cottrez explique comment elle tuait ses enfants : "J'étais très prise par mon travail, ma maison, mes enfants. J'enchaînais les gestes mécaniquement, comme d'habitude, même juste après les accouchements. Il fallait travailler, faire les courses, la vie continuait...". Des enfants auxquels elle ne donnait pas de prénom. Jamais. Elle en ignorait d’ailleurs le sexe, sauf pour le premier, "un garçon", raconte-t-elle. "Les autres, je ne regardais pas, je ne voulais pas. Mais quand ils étaient dans le garage, qu'il faisait froid, je leur mettais une couverture. Je pense souvent à eux, surtout au premier."

En surpoids, ce qui lui avait permis de dissimuler ses multiples grossesses aux yeux de son entourage, Dominique Cottrez raconte au quotidien sa peur du médecin, de la contraception, et de son regard sur son obésité : "À la naissance de ma première fille, la sage-femme n'a pas été très gentille avec moi. Le médecin non plus. Je me suis sentie humiliée et j'ai eu peur d'aller voir des médecins."

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