Oise : la colère de salariés sommés de rembourser leurs indemnités pour exposition à l'amiante

la colère de salariés sommés de rembourser leurs indemnités pour exposition à l'amiante

JUSTICE - D'anciens salariés d'Honeywell, à Allonne dans l'Oise, doivent rembourser leurs 8000 euros d’indemnités perçus en 2016 au titre de leur préjudice d’anxiété lié à l’amiante. Dans l'incapacité de verser la somme réclamée par l'entreprise, ils crient à l'injustice.

Pendant 35 ans, Marie Adria a travaillé dans l'usine de l’équipementier automobile Honeywell, à Allonne près de Beauvais (Oise), avant de bénéficier d’un plan de départ en 2010. Cinq ans plus tard, après trois ans de procédure, la retraitée beauvaisienne et 62 autres ex-salariés ont obtenu réparation. L'entreprise Honeywell a été condamnée à leur verser la somme de 8000 euros au titre du "préjudice d’anxiété lié à l’amiante". Mais la société Garret, le repreneur d'Honeywell, tente aujourd'hui d’obtenir le remboursement de ces fonds auprès de certains d’entre eux après une décision de justice en sa faveur.

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Depuis qu'elle a reçu la lettre de mise en demeure, Marie Adria ne décolère pas. "On m’a proposé de rembourser 222 euros par mois pendant 36 mois. Ce n’est pas une petite somme surtout que je n’ai pas une grosse retraite. Cela représente quasiment mes courses pour le mois", explique la retraitée beauvaisienne, qui touche une pension de 1800 euros. Comme elle, 35 autres ex-salariés de l’entreprise Honeywell sont concernés et crient à l'injustice. "En gros, on nous a donné de l’argent pour qu’on se tienne tranquille et maintenant on nous les reprend en nous disant, pour l’amiante, on n’en parle plus. Mais les gens qui sont morts de l’amiante, ils sont morts de l’amiante", poursuit, en larmes, Marie-Françoise.

Ils nous ont pollué pendant plus de 33 ans, donc, aujourd’hui on demande que personne ne rembourse- Un ex-salarié d'Honeywell

Le hic ? Au moment du plan de départ en 2010, les salariés avaient signé une clause qui les engageait à ne pas poursuivre leur employeur en justice. Puis, quelques années plus tard Marie Adria, Marie-Françoise et une trentaine d'autres salariés (sur 62) ont engagé une procédure pour leur exposition à l'amiante. Ils ont obtenu gain de cause en 2015. L'entreprise a dû leur verser 8000 euros. Le repreneur d'Honeywell fait désormais valoir la clause de l'époque pour réclamer le remboursement des 8000 euros liés à l'amiante. "Cela n’a rien à voir. Malheureusement, la justice nous a condamné sur ça", explique, dépitée, Marie Adria.

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Les ex-salariés d’Honeywell, dont les retraites sont inférieures à 2000 euros, ne sont pas en mesure de rembourser et demandent la clémence de leur ancien employeur. "Ils sont en faute, ils ont tort... Ils nous ont pollué pendant plus de 33 ans, donc, aujourd’hui on demande que personne ne rembourse. Un point c’est tout !", s'agace un autre ex-salarié, qui n'entend pas lui non plus payer. La société Garrett, dont le siège social est basé à Capavenir dans les Vosges, n’a pas souhaité répondre à nos questions.

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