De plus en plus de jeunes, parfois mineurs, accros aux sites de paris sportifs

De plus en plus de jeunes, parfois mineurs, accros aux sites de paris sportifs

PHÉNOMÈNE INQUIÉTANT - En plein boom depuis plusieurs années, les paris sportifs attirent un public de plus en plus jeune, et parfois même des mineurs. Au point que les 18-24 ans représentent désormais 34% des joueurs.

C’est un phénomène qui touche un public de plus en plus large. Depuis quelques années, les paris sportifs ont le vent en poupe, avec de plus en plus d’adhérents. En 2020, les paris en ligne sportifs ethippiques, ainsi que le poker, ont réalisé des "performances historiques", avec un chiffre d’affaires annuel en hausse de 22%, atteignant 1,74 milliard d’euros, alors que les accros aux paris sportifs sont 4,4 millions d’euros cette année, contre 3,4 millions l’année dernière.

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Mais depuis peu, ses amateurs sont de plus en plus jeunes. Ainsi, s’ils ne représentaient que 17% des joueurs en 2011, les 18-24 ans constituent aujourd’hui 34% des joueurs, selon des données de l’ANJ. Certains sont même mineurs. C’est notamment le cas de Thomas, 17 ans seulement et déjà parieur aguerri, qui s’est inscrit sur un site grâce à l’identité de sa sœur majeure : "J’ai mis 10€ sur le site, mon argent à moi, j’ai reparié l’argent que j’ai gagné. Et au fur et à mesure, je suis monté, mais je n’ai jamais remis 10€."

Si Thomas utilise ses gains pour miser, sa mère veille au grain : "C’est quand même assez enivrant rapidement donc ça peut prendre des proportions si le jeune n’est pas lucide et s’il n’y a pas un contrôle derrière." Comme Thomas, de nombreux mineurs contournent l’interdiction de jouer. "J’arrivais devant le bureau de tabac et je demandais aux grandes personnes de parier à ma place pour pouvoir empocher mes paris", explique un jeune lycéen au micro de TF1.

Des campagnes de pub ciblées

Pour attirer les jeunes adultes, les opérateurs font appel à des influenceurs, dont l’audience séduit les plus jeunes, même si un de ces sites se défend de cibler les mineurs. "On fait très attention, avant de prendre contact avec un influenceur, à l’âge global de sa fan-base. C’est ce qu’on a fait pour Mohamed Henni, on s’est assuré que les mineurs qui gravitaient autour de sa fan-base ne dépassaient pas 20%", explique Julien Huber, responsable de l’offre et du marketing de Winamax.

Si ce site s’en défend, sa dernière campagne de publicité, inspirée du dessin animé Le Roi Lion, est susceptible d’attirer aussi les mineurs. Et la loi est claire à ce sujet, d’après le décret du 4 novembre 2020, "sont interdites les publicités qui banalisent le jeu, qui indiquent que le jeu valorise la réussite sociale, ou qu’en jouant, on peut gagner sa vie."

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Pour le Dr Jean-Michel Delile, psychiatre et directeur général du comité d’étude et d’information sur la drogue et les addictions, ces sites ont un double discours. "Ils ont un discours officiel qui est de faciliter l’accès à une distraction, à un petit plaisir, en minimisant les risques en termes de santé publique auprès des populations vulnérables. Mais en même temps, on se rend compte que certains, dans leur communication, ciblent les populations vulnérables pour les accrocher le plus tôt possible", indique-t-il.

Dès ses 18 ans, Florian est tombé dans cette dépendance. Par addiction aux paris sportifs, le jeune homme s’est mis à mentir puis à voler ses proches. En tout, il a perdu plus de 12.000 euros, mais a surtout beaucoup perdu sur le plan personnel et familial : "Je n’ai pas perdu que financièrement. J’ai perdu psychologiquement, au niveau familial, j’ai perdu de la confiance et de l’amour de mes proches." D’où l’importance de surveiller les plus jeunes concernant ce phénomène grandissant des paris sportifs, aussi dangereuse qu’attrayante.

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