Participation citoyenne : qui sont ces "voisins vigilants" au service des forces de l’ordre ?

Participation citoyenne : qui sont ces "voisins vigilants" au service des forces de l’ordre ?

REPORTAGE - Depuis sa création en 2006, la participation citoyenne fédère près de 5 700 communes. Elle consiste à faire contribuer activement les citoyens à leur propre sécurité. Mais qui sont ces "voisins vigilants" ? Ce système est-il appliqué partout ?

À Cassis, quatorze citoyens "vigilants, volontaires, bénévoles et avec un casier judiciaire vierge", sont déployés dans la ville. Il y en a un dans chaque quartier. Alain Piercy, 72 ans, sollicité dans le sujet en tête d'article, est l'un d'eux. Il fait partie du dispositif d’État appelé "Participation citoyenne", créé sur le modèle des "voisins vigilants", sauf qu'ici, ce sont les gendarmes qui sélectionnent un référent. Ainsi, rien n'échappe à son oeil averti : "Il y a beaucoup d'échanges entre les voisins vigilants et la gendarmerie", dit-il. 

En d'autres termes, le maire est le pilote du dispositif, les résidents, les acteurs référents volontaires. La gendarmerie, elle, contrôle et encadre le dispositif. 

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Des informateurs, pas des intervenants

Le gain de temps s'avère l'avantage de ce dispositif. L'information du citoyen vigilant remonte directement au poste de surveillance pour être vérifiée et ne pas perdre de vue les suspects. Le major Raffin, commandant de la gendarmerie de Cassis, rappelle toutefois que ces citoyens sont des informateurs et non des intervenants. Dans sa ville, les résultats se révèlent encourageants. Entre 2019 et 2020, les cambriolages ont par exemple diminué de 30%.

Reste que ce dispositif, controversé, n'est pas le bienvenu partout. À Saint-Malo, par exemple, le projet a été suspendu. Pour les Malouins, l'idée même d'un citoyen référent, capable de les dénoncer, inquiète plus qu'elle ne rassure. "On ne sait pas où ça s'arrête quand on commence les dénonciations", dit une passante. Pour les opposants au projet, il faudrait surtout réglementer le rôle de ces citoyens. Sollicitée dans le sujet en tête d'article, Sophie Beaudout, porte-parole "Saint-Malo, au coeur des possibles", redoute de "se retrouver avec des débordements (...) et des rapports sur des faits et des gestes n'ayant rien à voir avec la sécurité". La mairie assure, de son côté, que les citoyens vigilants seront strictement encadrés pour qu'ils n'outrepassent pas leur fonction. 

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