Plaisanterie de Macron : que sont les "kwassa-kwassa", symboles de l'immigration clandestine et meurtrière à Mayotte ?

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POLÉMIQUE - Une plaisanterie d'Emmanuel Macron au sujet des "kwassa-kwassa" suscite de vives réactions sur les réseaux sociaux. Une référence à ces frêles embarcations comoriennes qui amène chaque année des migrants sur le 101eme département français. Et provoquent la mort de dizaines d'entre eux chaque année.

"Mais le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c'est différent." Diffusée vendredi soir sur TMC, cette plaisanterie signée Emmanuel Macron passe mal, suscitant de vives réactions sur les réseaux sociaux. En cause : une référence à ces frêles embarcations, synonymes de décès chaque année dans les Comores.


Les kwassa-kwassa sont en effet régulièrement utilisés par des migrants de l'archipel indépendant des Comores pour gagner Mayotte, devenu le 101e département français en 2011. Depuis cette date, ces barques symbolisent à elles seules un drame humanitaire : en 2014 par exemple, la préfecture de Mayotte avait annoncé 19.991 reconduites à la frontière. 


Or cette année-là, 597 kwassas-kwassas avaient été interceptés avec à leur bord 12.879 personnes, et 610 passeurs interpelés, selon des données de la Direction générale des Outre-mer. En 2013, 476 kwassa-kwassa avaient été interceptés avec 11.000 migrants à leur bord. Pire, selon un rapport du Sénat, le nombre de morts est évolué de 7.000 à 10.000 entre 1995 et 2012.

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"Le kwassa-kwassa amène du Comorien", la blague de Macron qui passe mal

Qui peut vous promettre sérieusement qu’il n’y aura plus d’immigration clandestine, personneEmmanuel Macron

Synonyme de traversée risquée, le kwassa-kwassa trouve son origine loin des océans. Il s'agissait en effet du nom d'une danse congolaise saccadée, qui a été très populaire dans les années 1980. Une danse qui n'est pas sans rappeler le mouvement de la mer qui fait tanguer et menace de faire chavirer les canots de pêche en provenance de l'archipel des Comores…


Depuis que Mayotte est devenu un département français, les pouvoirs publics tentent de résorber le problème des kwassa-kwassas. Ainsi, en 2012, un rapport d'information du Sénat évoquait ces embarcations, comme le relève le Huffington Post : "Mesurant 10 mètres de long sur un mètre de large, elles accueillent jusqu'à 50 personnes, qui naviguent au niveau de la mer, alors qu'elles ne devraient transporter que huit ou neuf personnes si les normes de sécurité étaient respectées. Le voyage dure en moyenne vingt-cinq heures".


En déplacement sur place durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déjà évoqué le sujet : "Qui peut vous promettre qu’il n’y aura pas demain des kwassa kwassa, personne !", avait-il affirmé. "Et d'estimer : "Une stratégie de développement des Comores, c’est le seul moyen d’endiguer cette immigration". Beaucoup efficace, en tout cas, qu'une mauvaise blague. 

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