VIDÉOS - Clichy : des élus manifestent contre les prières de rue, la police intervient

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POLÉMIQUE - Une centaine d'élus ont protesté contre des prières de rue illégales de fidèles musulmans qui ont lieu depuis plusieurs mois à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Le maire Rémi Muzeau et la présidente de Région, Valérie Pécresse, appellent l'État à réagir.

À l’appel de Rémi Muzeau, maire LR de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), une centaine d’élus de la droite francilienne se sont réunis ce vendredi sur le parvis de l’Hôtel de Ville pour protester contre les prières de rue illégales qui ont lieu tous les vendredis à ce même endroit. Le conflit entre la mairie et les associations musulmanes de Clichy dure depuis le 23 mars dernier, date de la première manifestation des fidèles de Clichy pour protester contre l’expulsion de deux associations musulmanes d’un bâtiment servant de salle de prière, appartenant à la ville, à la suite d'une décision du Conseil d’Etat d’août 2016. 


Depuis des mois, le conflit s’enlise entre les deux parties car, d’un côté, les associations souhaitent l’ouverture d’une mosquée dans la ville et, de l’autre, le maire affirme qu’un lieu de culte de 1500 m2 existe déjà dans l’agglomération. En effet, en 2015, Rémi Muzeau a inauguré un centre culturel pour la communauté musulmane de Clichy, avec en son sein de deux salles de prière. Mais les associations affirment qu’elles sont trop exiguës lors des jours d’affluence, notamment pour la prière du vendredi.

Pécresse aux côtés du maire

Ce vendredi, aux alentours de midi, une centaine d’élus se sont donc réunis pour protester. Au même moment, la prière de rue devait avoir lieu mais très peu de fidèles étaient présents. Les élus ont par la suite défilé dans les rues adjacentes tout en entonnant "La Marseillaise". 


Rapidement, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, s’est jointe au cortège pour apporter son soutien au maire de Clichy. "La République n’est pas un rapport de force. Il y a eu beaucoup de discussions. Maintenant, il faut prendre des décisions, a-t-elle martelé. On ne peut pas accepter que l’espace public soit ainsi occupé. Le maire est impuissant. A l’Etat d’agir !", a affirmé la présidente de région devant les caméras. "C’est une provocation contre l’Etat de droit et la République. Il ne faut pas que Clichy devienne le terrain d’expérimentation de la provocation de l’Etat de droit", a affirmé de son côté le maire de Clichy. 


Les fidèles suivant le cortège ont pour leur part exprimé leur colère face à la situation. "Il faut dialoguer avec nous, vous croyez qu’on fait ça avec plaisir de prier dans la rue ! On veut être respectés", a demandé Hamid Kazed, président de l'Union des associations musulmanes de Clichy (UAMC).

Des élus tentent violemment d’empêcher la prière

Vers 13h, une prière de rue a finalement démarré non loin de l’Hôtel de Ville. Elle était initialement prévue aux alentours de 12h30. Alors que la manifestation se passait dans le calme, une dizaine d’élus se sont dirigés vers les fidèles alors que la prière allait démarrer pour empêcher physiquement les fidèles de prier. La police s’est rapidement intercalée entre les fidèles et les élus pour apaiser les tensions.

En vidéo

Quelques altercations en marge de la manifestation contre les prières de rue à Clichy

Peu de temps après la manifestation, le maire de Clichy s’est félicité de "l’immense succès du rassemblement des élus".

Reste à savoir quelle sera la réaction du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, après cette mobilisation.

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