Procès du professeur jugé pour atteinte sexuelle sur une élève : "Je ne la traquais pas"

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REPORTAGE - Le professeur qui avait entretenu une relation avec l'une de ses élèves comparaît ce lundi 27 novembre au tribunal correctionnel de Fontainebleau pour "atteinte sexuelle sur mineure de moins de quinze ans". Emilie, la jeune fille, ne sait plus aujourd'hui si elle était ou non consentante.

Elle est arrivée au tribunal correctionnel de Fontainebleau entourée de sa tante et de sa mère, une sucette goût fraise à la bouche. Emilie (ndlr : le prénom a été changé), 14 ans, assiste ce lundi 27 novembre au procès de son ancien professeur, la trentaine, poursuivi pour "atteinte sexuelle sur mineure de 15 ans", avec la circonstance aggravante que les faits ont été commis par une personne en situation d’autorité. Pendant dix mois, la jeune fille et son professeur ont en effet entretenu une relation. Mais aujourd'hui, l'ado et sa mère remettent en cause l'image d'une relation amoureuse consentie et parlent plutôt d'une "emprise malsaine".

Avant d’entrer dans la petite salle du tribunal, Emilie, longs cheveux blonds, tee-shirt rose et blanc d’adolescente, et sa mère, Jenifer, ont souhaité répondre aux questions de la presse. "On demande que justice soit faite, que ma fille soit reconnue comme victime, pour sa reconstruction, tout simplement" explique la mère de famille. "Je lui en veux, au professeur, car il a gâché l’année scolaire de ma fille, son premier amour. A présent, j’attends du juge qu’il fasse bien son travail, qu’il écoute ce que ma fille a vécu, vraiment, ce qui n’était pas une histoire d’amour. C’était de la manipulation, à 14 ans, on est très manipulable". 

"D'en parler à ma mère, ça m'a permis de remettre les pieds sur terre"

La jeune fille, qui a versé quelques larmes en croisant dans la salle d’audience son ancien prof, évoque quant à elle une prise de conscience survenue après l’audition par les enquêteurs. "Quand j’ai été entendue, j’étais encore amoureuse. Après j’ai eu une prise de conscience", avance-t-elle. A-t-elle eu le sentiment d’avoir été abusée par celui qui lui aurait offert de multiples cadeaux et plusieurs téléphones portables ? "Oui", dit-elle, abusée de "(son) innocence". "Maintenant j’ai pris du recul, j’ai regardé les choses d’un autre angle. J’ai parlé de choses que je n’avais pas dites. D’en parler à ma mère, ça m’a permis de me remettre les pieds sur terre", ajoute-t-elle.  De leur côté, ni l'accusé ni son avocate n'ont souhaité s'exprimer devant les journalistes avant le début de l'audience.


Me Margaux Mazier, qui représente l'adolescente, explique aujourd’hui : "On s’interroge sur le consentement d’Emilie. Cette relation n’avait rien d’une histoire d’amour".  


Suivez dans le live ci dessous le récit de notre journaliste présente sur place : 

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Macron : "Nous devrions aligner l'âge de consentement sur celui de la majorité sexuelle, à 15 ans"

Sur ce point, nul doute que l’actualité politique du moment jette un nouvel éclairage sur le dossier : la présomption de non-consentement pourrait en effet fixer, à l’avenir, à l’âge de 13 ou 15 ans le seuil à partir duquel un mineur serait systématiquement présumé comme non-consentant à une relation sexuelle avec un adulte.

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