Protoxyde d'azote : une telle publicité pour le "gaz hilarant" devrait être bientôt interdite

Protoxyde d'azote : une telle publicité pour le "gaz hilarant" devrait être bientôt interdite

DROGUE - Les députés ont adopté jeudi une proposition de loi pour lutter contre l'usage détourné du protoxyde d'azote. Alors que des commerces continuent d'en faire la promotion, les élus souhaitent interdire d'en faire la publicité.

Son surnom semble inoffensif : "gaz hilarant". Mais si ses effets sont souvent sous-estimés par la jeunesse, le protoxyde d'azote peut très vite engendrer une addiction. À tel point qu'il s’agit de la troisième drogue la plus consommée par les moins de 25 ans. La raison de son succès : elle est moins chère, légale et surtout plus accessible. Ce jeudi, les députés ont adopté une proposition de loi visant à lutter contre l’usage détourné du protoxyde d’azote, ce gaz aux effets euphorisants lourds très prisé des jeunes, mais qui comporte des risques pour la santé. "Ce texte prévoit d’en prohiber la vente aux mineurs, et d'en interdire la promotion dans les commerces", nous explique la députée LaREM du Nord Catherine Osson. Depuis plus d’un an, l’élue planche sur ce sujet afin de trouver des solutions pour protéger les jeunes de sa circonscription.

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Sur le portail gouvernemental, il est précisé que le protoxyde d'azote est en vente libre pour un usage "alimentaire". Mais son usage détourné du produit peut entraîner "un effet rapide, fugace, euphorisant" et "des distorsions sensorielles" avec des risques réels pour la santé. Alors que les jeunes raffolent des effets de ce "gaz hilarant", certains commerces en profitent. Quelques échoppes n’hésitent pas à promouvoir les petites bombonnes de protoxyde d’azote qu'elles vendent à de jeunes consommateurs. Que ce soit sur les vitrines ou bien sur leur compte Snapchat. 

Mais ce n'est pas tout. Dans une épicerie à Roubaix, comme le montre le reportage de TF1 en tête de cet article, on peut tomber sur un flyer coloré où sont inscrits les tarifs des "capsules" et de "bouteilles de gaz". Le flyer fait aussi mention de "ballons" offerts ou en supplément, ces derniers étant utilisés pour aspirer le fameux gaz. "Certains vendent des kits entiers", s'insurge Catherine Osson. Sur Twitter, la députée LaREM du Nord avait publié la photo de cette publicité proposée par ce commerce en commentant : "C'est légal, mais dégueulasse".

Des publicités placées avec les bonbons- Catherine Osson, député du Nord

"Un journaliste m'avait montré plusieurs commerces où l'on pouvait voir des autocollants faisant la publicité du gaz hilarant", continue la députée. Preuve que les commerçants s'adressent à un public jeune, "ces publicités sont placées derrière la caisse à côté des bonbons", continue-t-elle. La loi prévoit de punir de 15.000 € d’amende "le fait de provoquer un mineur à faire un usage détourné d’un produit de consommation courante pour en obtenir des effets psychoactifs, même non suivis d’effet".

Si Catherine Osson a décidé de s'attaquer à ce sujet, c'est que le phénomène est important dans sa région. "Parfois, en une seule prise, on peut retrouver une cinquantaine de cartouches", déclare un officier de policier de Wattrelos. En plus des capsules grises, les agents ramassent de plus en plus des capsules d'un litre. Il y a trois ou quatre ans, la consommation de protoxyde d'azote s'est accentuée dans le Nord de la France et à Marseille. "L'Agence régionale de santé s'était emparée du sujet", se souvient l'élue. 

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À travers ce projet de loi, la députée du Nord espère "envoyer un message clair". Que ce soit à Roubaix ou bien à Wattrelos, l'élue a discuté avec les commerçants sur cette question sensible. "Certains ont arrêté de vendre des cartouches de protoxyde d’azote", se réjouit-elle. D'autres ont été plus difficile à convaincre. Selon elle, le problème majeur reste les magasins de nuit qui "sont les vitrines d’autres trafics". 

Si la proposition de loi aura le mérite de rendre cette drogue moins accessible, Catherine Osson craint que les jeunes traversent la frontière pour aller chercher le gaz hilarant en Belgique, où la législation est souple.

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