" J'ai 30.000 euros de dettes" : ces travailleurs ruinés par la crise du Covid

" J'ai 30.000 euros de dettes" : ces travailleurs ruinés par la crise du Covid

TÉMOIGNAGES - La pandémie du coronavirus a plongé des Français dans la pauvreté. Trois d'entre eux racontent leur chute vertigineuse devant les caméras de Sept à Huit.

Au volant de sa voiture, Marc raconte son histoire. Il est interrompu par un drôle de vrombissement. L'homme âgé de 59 ans ne s'en préoccupe pas. De toute façon, il n'a pas les moyens de réparer son véhicule. "Il faut changer les amortisseurs et les pneus. En pièces, j'en ai pour 260 euros de réparation", lâche-t-il, d'un ton fataliste. Quelques mois auparavant, le quinquagénaire n'aurait pas tenu le même discours. Cet ancien maître d'hôtel fait partie des travailleurs jetés dans la pauvreté par la pandémie du Covid-19. Quelques photos entre les mains, le quinquagénaire rembobine sa vie devant les caméras de Sept à Huit.

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Sept à huit

C'était il y a un an. L'ancien maître d'hôtel œuvre dans les plus beaux palaces de la Croisette et de Monaco. Sa spécialité ? Le luxe. Banquiers, hommes d'affaire, stars du show-biz... Marc est au service des hommes les plus riches de la planète pendant vingt ans. En haute saison, son salaire pouvait atteindre jusqu'à 4.000 euros par mois. Sur une photo, il apparait souriant en train d'ouvrir quelques bouteilles de vin lors du Grand Prix de Monaco. Marc se souvient des bonnes affaires qu'il pouvait faire. En 2019, il empoche 1312 euros pour une mission de trois jours sur un yacht privé dans le port de Monaco.

Par ailleurs, sa vie personnelle semblait au beau fixe. Marc habitait dans une jolie villa avec son ex-femme et ses deux enfants. Juste avant l'épidémie, le couple se sépare. 27 ans de mariage s'effondre. Plus tard, ce sera au tour de sa carrière professionnelle de prendre l'eau. Les portes des palaces se referment sur le quinquagénaire. Si Marc gagnait bien sa vie, il n'était pas salarié. Impossible pour lui de bénéficier du chômage partiel. Il doit se débrouiller avec le RSA, soit 555 euros par mois. "Quand vous êtes dans les minimas sociaux, vous ne profitez de rien. Vous avez du mal à vivre". Pour se nourrir, il n'a pas d'autres choix que de toquer à la porte des associations. 

J'ai 30.000 euros de dettes- Marc, ancien maître d'hôtel

Alors que le virus du Covid-19 se propage attisé par les variants, l'avenir s'annonce incertain pour les restaurateurs et les professionnels du tourisme. "Il y a presque deux millions de personnes qui, d'ici six mois, vont se trouver dans la même situation que moi", reprend-il. Chaque jour, Marc s'enlise un peu plus dans la misère. Le maître d'hôtel a épuisé toutes les indemnités chômage. "En tout, j'ai 30.000 euros de dettes", lâche-t-il. Un cercle vicieux puisque le quinquagénaire avait été obligé de demander un crédit pour rembourser son découvert. "Aujourd'hui, il faut rembourser les crédits", déclare-t-il en triant ses fiches de paie. 

À ce moment-là, quelqu'un frappe à la porte. Sur le pallier, un huissier de justice souhaite s'entretenir avec Marc. Il lui remet un congé pour reprise de bail meublé à usage de résidence principale. Marc n'est pas surpris par cette intervention. Il ne paie plus son appartement depuis six mois. "J'ai jusqu'au 6 juillet pour trouver un autre logement", affirme-t-il en lisant un document. L'ancien maître d'hôtel s'apprête à faire une demande de logement social. Mais les délais peuvent être très longs, parfois plusieurs années. 

On ne sert pas à rien - Marc, ancien maître d'hôtel

Une situation difficile pour Marc qui peut compter sur le soutien de son fils. Âgé de 20 ans, Logan tient à lui rendre visite deux fois par semaine. Il n'arrive pas les mains vides. Il dépose sur la table de la cuisine plusieurs paquets de pâtes assortis d'un bocal de sauce tomate. Mécanicien, Logan touche 1.200 euros net et avoue qu'il est "un peu juste" ces temps-ci. Peu importe sa situation financière, le jeune homme aide son père, coûte que coûte. "Il a toujours été un modèle de détermination. C'est dur de voir toute cette envie réduite à néant", déplore-t-il.

Marc ne baisse pas les bras pour autant. "Je veux récupérer un semblant de dignité. On n’est pas des éléments non-essentiels, on ne sert pas à rien, ce n'est pas vrai", dit-il. Les yeux rivés sur son téléphone, le quinquagénaire consulte plusieurs offres d'emploi dans ses domaines d'expertise. Au total, Marc a répondu à plus d'une centaine d'annonces. Au cours du reportage, il annonce qu'un employeur a retenu sa candidature. Mais le tableau s'assombrit rapidement. Dans un mail, on lui demande directement ses coordonnées bancaires. Il refuse et apprend plus tard qu'il s'agissait d'une arnaque.

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Marc n'est pas le seul à avoir vu sa vie basculer à la suite de l'épidémie. Dans le reportage, la rédaction de Sept à Huit suit aussi le parcours de Séverine et Delphine. La première est boulangère au cœur des Alpes du Sud. La station est désertée par les touristes et la commerçante n'a plus les moyens de payer son loyer. Boulangère, elle dort dans son arrière-boutique, abritée par des sacs de farine. De son côté, Delphine avait ouvert une salle de sport en 2019 et risque de faire faillite. Après plusieurs mois difficiles, elle apprend qu'elle a décroché un emploi. L'espoir pour elle de retrouver une vie plus sereine. 

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