Enfer de l'anorexie : le témoignage poignant de Manon dans "7 à 8"

Enfer de l'anorexie : le témoignage poignant de Manon dans "7 à 8"

DÉCLIC - Manon, 25 ans, a souffert pendant cinq ans d'une anorexie extrême. Face à Audrey Crespo-Mara dans Sept à Huit, la jeune femme a raconté comment cette maladie l'avait détruite, avant de finalement en sortir victorieuse, grâce à ses parents.

Pendant cinq ans, Manon a vécu l'enfer de l'anorexie. Une maladie qui a eu une emprise extrême et totale sur sa vie. Pourtant, en 2016, la jeune femme est âgée de 20 ans, pèse 58 kilos pour 1,60 mètre et est épanouie. Le tout avant d'entrer dans une spirale infernale et violente, dans laquelle son poids va devenir une obsession. "Je me levais, la première chose à laquelle je pensais c’était aller sur la balance et me dire : 'Ok, je fais ce poids-là, ce soir quand je rentre il faut que j’aie perdu 200 à 500 g.'", raconte-t-elle face à Audrey Crespo-Mara dans la vidéo ci-dessus, se souvenant d'un "sentiment ambivalent de pouvoir et de contrôle", "allant à l’encontre de la vie en règle générale".

"Je ne me faisais pas vomir mais je prenais des laxatifs, comme une drogue. J’en prenais jusqu’à 90 par jour. Il fallait que cette nourriture s’enlève de mon corps, c’était le seul moyen que j’avais trouvé à ce moment-là. (...) Je ne ressentais plus d’émotions, j’étais vidée. Mais en même temps, ce vide, c’était ce que je recherchais et ce que je voulais. C’est un sentiment de rien qui vous emporte vers la mort", poursuit la jeune femme, qui a perdu 24 kilos en l'espace de quelques mois, arrivant à un poids extrême de 33 kilos.

Toute l'info sur

Sept à huit

Des proches impuissants face à la maladie

Cette spirale dans laquelle était enfermée Manon, ses proches ne pouvaient pas l'en arracher. "Mon petit-ami voyait ça mais ne comprenait pas. J’avais des comportements qu’il ne supportait pas, je mangeais un bout de pain et je soulevais mon t-shirt pour voir mon ventre. Dès que je mangeais quelque chose, je le voyais dans mon ventre car la peau collait mes organes. Il avait essayé de me bousculer, de me faire à manger mais je faisais des crises horribles. Il me voyait m’effondrer, crier, pleurer, donc il a compris que ce n’était pas comme ça que ça allait m’aider", explique la jeune femme.

"Mes parents m’ont soutenu tout le long et heureusement qu’ils étaient là parce que sans eux, sincèrement, je ne serais plus là. Ils se sont battus pour moi. Ma mère m’a dit qu’elle allait tout faire pour me sortir de là", ajoute Manon, les larmes aux yeux. Une promesse que sa mère va tenir, en lui trouvant un centre spécialisé où elle sera hospitalisée pour la première fois. L’hospitalisation va durer trois ou quatre mois, le temps pour Manon de reprendre du poids et d’atteindre un poids  suffisant pour ressortir.

Un traumatisme d'enfance à l'origine de son anorexie

Durant cette hospitalisation, le personnel soignant lui a demandé d’écrire ce qu’elle a vécu enfant : "A ce moment-là, j’écris avec une simplicité extrême que j’ai subi des attouchements à l’âge de 10-11 ans. C’était le mari de quelqu’un de proche de la famille. Je n’en ai parlé que plus tard à mes parents mais jamais je n’arrivais à poser de vrais mots sur ce qu’il s’était passé. Même encore aujourd’hui, c’est difficile. À partir de ce jour-là, j’ai compris que le corps d’une femme, c’était compliqué. Avoir des formes, je n’aimais pas. Le fait de mincir, ça m’enlevait tout, je me sentais plus en sécurité, dans un corps sans forme."

L'amour de son père, un déclic

Alors qu'elle se croit guérie en ressortant du centre après avoir passé la barre des 40 kilos, rien n'y fait, Manon reste obsédée par son nouveau poids. "On se regarde dans le miroir et on se dit : 'Il faut remincir, je suis horrible.' Petit à petit, je me suis restreinte à nouveau, et j'ai pris des doses de laxatif de plus en plus extrêmes, je me renfermais beaucoup, je passais mes journées dans ma chambre." Une rechute qui durera jusqu'à ce que son corps lâche : "J’avais du mal à entendre, à parler, ça demandait beaucoup trop d’énergie." 

Lire aussi

"J’avais certaines parties de mon corps qui commençaient à ne plus fonctionner. Je me souviendrai toujours d'une fois où je me suis levée et je me suis urinée dessus", poursuit Manon, qui évoque le déclic qui l'a éloignée définitivement de cette maladie : "Mon père m'a dit qu'il avait peur de perdre sa fille. J’ai réalisé ce que je faisais à ce moment-là, comme une lueur de conscience. J’ai compris que les clés étaient en moi."

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Une personne tuée et une blessée devant un hôpital du 16e arrondissement de Paris, le tireur en fuite

EXCLUSIF - Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, sort du silence ce soir sur TF1

"Aujourd’hui, je me dis : plus jamais" : ces infirmières qui, après un an de Covid, ont rendu leur blouse

Pourra-t-on se déplacer normalement cet été ?

En célébrant Youri Gagarine, Poutine dit vouloir que la Russie reste une grande puissance "nucléaire et spatiale"

Lire et commenter