VIDÉO - "Sept à Huit" : cloués sur un fauteuil roulant après un accident, ils tentent de se reconstruire

VIDÉO - "Sept à Huit" : cloués sur un fauteuil roulant après un accident, ils tentent de se reconstruire

VIE D'APRÈS – Comment renaître après un accident ou une maladie qui vous a rendu invalide ? L'émission "Sept à Huit" a suivi Jasmin, Ahmed et Julien dans un centre de rééducation en Seine-et-Marne, où ils ont dû réapprendre à vivre malgré leur handicap.

Leurs vies ont basculé du jour au lendemain. À eux désormais de trouver la force de se relever. Jasmin, amputé de la jambe droite, Ahmed et Julien, tétraplégiques, doivent apprendre à apprivoiser leur nouveau corps et à se construire un avenir avec leur handicap. Pour les aider, en plus de l'amour pudique, mais évident de leurs proches et de leur résilience, il y a les soins prodigués dans le centre de rééducation Coubert en Seine-et-Marne. C'est là qu'ils font leur rééducation aux côtés d'autres patients amputés, tétraplégiques, paraplégiques ou grands brûlés, avec le même espoir : regagner le plus d'autonomie possible avant de retrouver un quotidien à l'extérieur.

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Depuis tout juste un mois, Jasmin apprend ainsi à vivre sur une seule jambe. Il s'entraîne à manipuler son fauteuil et à surmonter les obstacles pour continuer à avancer. "Tant qu'on n'est pas dans un fauteuil, on ne peut pas s'imaginer tous les pièges. C'est horrible, il y en a partout. Quand on marche, 10 cm, ce n’est rien, par contre en fauteuil, c’est différent", lâche-t-il devant les caméras de "Sept à Huit". Jasmin compte un jour marcher à nouveau grâce à une prothèse. Mais cet agent de maintenance de 58 ans doit d'abord retrouver l'équilibre avec l'aide de Noémie, sa kinésithérapeute. 

Jasmin souffre encore des suites de son opération et comme la plupart des patients amputés, il ressent aussi ce qu'on appelle les douleurs fantômes. "Une fois devant la télévision j'ai eu l'instinct d'aller me gratter la jambe et quand je suis arrivé, j'étais dans le vide, ça fait peur. On se dit : 'mince, est-ce que c'est moi qui déconne ou est-ce que c'est normal ?' On ressent les douleurs, les grattements, mais le membre n'est plus là", raconte-t-il.

Noémie avance une explication : "En fait l'image du pied dans le cerveau est toujours existante et comme il y a encore les nerfs qui remontent, votre cerveau se souvient", dit-elle. Cette jambe dont il a du mal à faire le deuil le faisait souffrir depuis 24 ans suite à un grave accident de parachute. Après 14 opérations, de nombreuses complications, des artères bouchées, l'amputation est devenue inévitable. 

Je suis quand même content d'être en vie parce que ce n'est pas parce qu'on est dans un fauteuil qu'on ne peut rien faire.- Julien, tétraplégique

Julien, lui, a vu son existence s'écrouler en quelques secondes. Un moment d'inattention. C'était il y a quatre ans. Le jeune homme prend sa voiture pour rejoindre des amis à une fête. Alors qu'il est au volant, il saisit son téléphone pour leur écrire un message et dévie de sa trajectoire. C'est la sortie de route, Julien devient tétraplégique. Il venait de terminer un master en urbanisme et de se lancer sur le marché du travail. Très sportif, il était aussi fan de football et de jet-ski. "Quand on devient tétraplégique, moi en l'occurrence, j’ai perdu 40 kilos, en fait notre corps change complétement, et c'est quelque chose qui est difficile à accepter au début. Même moi à l'heure actuelle, j'ai quand même beaucoup de mal à me regarder dans une glace torse nu parce que j'ai l'impression que ce n'est pas moi en fait", confie-t-il. 

Après 10 mois en réanimation, Julien est un miraculé. "Je dois ma vie aux soignants, sans eux je ne serais plus là aujourd’hui. Mes poumons étaient détruits à 80%, un soir ils sont venus annoncer à ma maman que c'était bientôt terminé et qu'il n'y avait plus grand-chose à faire pour mes poumons. À ce moment-là, ils ont testé une dernière machine qui a marché au bout de cinq semaines. Parfois, quand je suis un peu moins bien, je me dis : 'est-ce que ça n'aurait pas fallu qu'ils se battent un peu moins et que ça s'arrête là ?' Malgré tout, je suis quand même content d'être en vie parce que ce n'est pas parce qu'on est dans un fauteuil qu'on ne peut rien faire", lance-t-il.

À son arrivée dans le centre de rééducation, il y a un an et demi, Julien pouvait à peine bouger les bras, mais grâce à des séances d'ergothérapie et deux opérations de la main, le jeune homme peut désormais manipuler des objets. "Ce sont des petites victoires au quotidien qui font plaisir", souligne-t-il. Et désormais, il publie des tutos sur les réseaux sociaux, des conseils pratiques à destination d'autres personnes tétraplégiques. L'objectif est aussi de sensibiliser les valides sur le handicap.

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D'autres patients tétraplégiques savent que même en enchaînant les séances de rééducation, ils ne feront presque plus aucun progrès. C'est le cas d'Ahmed. Ce père de famille de 47 ans doit se résigner à ce qu'on accomplisse pour lui tous les gestes du quotidien. "On peut donner le meilleur repas du monde, si vous ne le mangez pas vous-même, ça ne fait pas plaisir. Pour moi, ce n'est pas le même goût. J'avais du mal à l'accepter", lance-t-il. Ahmed est devenu prisonnier de son corps quinze mois plus tôt. Il passait alors l'été en Algérie avec sa femme et ses quatre enfants. Agent de maintenance pour la RATP, il avait économisé durant deux ans pour s'offrir ce voyage. Pour amuser ses enfants, le père de famille a l'habitude de faire des sauts dans la mer ; un après-midi, le jeu tourne au drame, Ahmed atterrit la tête la première sur le sable et se retrouve paralysé. 

Après un an de rééducation, il a gagné très peu d'autonomie. Alors, le verdict des médecins est tombé il y a quinze jours : il est arrivé au maximum de ses capacités. "Je respecte la science, mais je suis croyant, je garde toujours l'espoir de me lever ou un jour de récupérer mes mains, ça, personne ne peut me l'enlever de la tête, et c'est cet espoir-là qui me garde le moral", assure-t-il. En attendant, il continue de se battre. D’ici à quatre mois, Ahmed retournera vivre auprès de sa famille. 

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