"Sept à Huit" : ces Français poussés à changer de voie (et de vie) par la pandémie

"Sept à Huit" : ces Français poussés à changer de voie (et de vie) par la pandémie

DEUXIÈME VIE – Le confinement a donné à beaucoup d'entre nous des envies de changement. Le magazine "Sept à Huit" est allé à la rencontre de ces Français poussés à se reconvertir par la crise sanitaire.

Quête de sens, envie d'un quotidien plus en phase avec leurs valeurs et attentes… La crise sanitaire a poussé de nombreux Français à se reconvertir. Ainsi, depuis un an, un actif sur cinq en France aurait initié un changement de carrière refusant de subir la crise. 

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C'est le cas d'Isabelle. Cette jeune femme dirige une entreprise d’événementiel, mais à cause du Covid, son activité est à l'arrêt. Endettée et acculée par les charges, à 50 ans, elle a décidé de se lancer dans une nouvelle carrière. Direction un lycée professionnel où elle a rendez-vous pour un entretien d'embauche. "Je ne suis pas super à l'aise. J'ai un peu la boule au ventre. C'est toujours dur de se vendre, mais j'ai plein d'énergie, la passion et l'envie de bien faire donc ça devrait le faire", dit-elle. Avec son statut de chef d'entreprise et son BTS d'action commerciale, elle postule comme professeur d'économie et de gestion. 

Isabelle n'a jamais enseigné, mais elle sait valoriser son principal atout : son expérience. "Je suis arrivée à un moment où je pourrais prendre cette casquette pour transmettre mon vécu et les faire adhérer à des notions avec des exemples très concrets. Je me sens légitime pour prendre en charge une classe et les embarquer avec moi sur un projet", plaide-t-elle. Un beau défi pour la jeune femme plutôt confiante quant à ses chances d'être retenue. Si c'est le cas, elle enseignera 18 heures par semaine pour 1700 euros nets par mois. Soit moitié moins que son précédent revenu.

Aucune formation

La pandémie a également été un électrochoc pour Christophe. Désormais, il transforme de simples vélos en vélos électriques et vient d'ouvrir son atelier à Bléré, près de Tours. "Ce sont des mois et des mois de rêve qui deviennent réalité", lance-t-il, ravi. Avant la pandémie, Christophe était cadre dans une entreprise de logistique dans l'aéronautique. Quinze ans d'un poste à responsabilités, mais une seule vraie passion, la technique et le modélisme. Il construit tout, maquettes, drones, et même des imprimantes 3D. Une activité qui va lui ouvrir les yeux pendant le premier confinement. 

"Quand j'ai commencé à fabriquer des visières avec mes imprimantes 3D pour aider les soignants qui en avaient besoin à l'époque, c'est là que j'ai compris qu'on pouvait donner du sens d'une autre manière, être utile", explique-t-il. La bonne idée germera quelques jours plus tard en allant chercher sa fille avec un vélo électrique qu'on lui a prêté. Une révélation. En quelques mois, il négocie une rupture conventionnelle et investit dix mille euros dans son projet. Christophe n'a suivi aucune formation particulière pour ouvrir son atelier, mais pendant des mois, il a récolté des informations sur internet jusqu'à devenir incollable. Aujourd’hui, il peut accueillir son premier client. Pour vivre de son métier, il devra convertir 30 vélos par mois.

Tout plaquer

Depuis la pandémie, chacun interroge son quotidien. Au point que certains ont décidé de tout plaquer et de changer radicalement de mode de vie. L'été dernier, Yves, Servane et leurs deux enfants ont quitté le centre-ville de Toulouse pour un petit village de Bourgogne, près de Beaune. Ils venaient tout juste de faire construire une maison de 150 mètres carrés et avaient deux belles carrières. Lui était directeur financier dans une startup. Elle, directrice dans l'immobilier d'entreprise. Ils ont tout laissé derrière eux. En arrivant dans ce hameau de Bourgogne, il leur a fallu prendre de nouvelles habitudes et faire quelques investissements indispensables, comme une machine à pain, car la première boulangerie se trouve à cinq kilomètres. "A Toulouse, on avait la boulangerie, la boucherie, le fleuriste, le caviste, là effectivement, on a perdu en commerce de proximité, mais du coup, on a une consommation qui est assez différente", raconte Servane. 

En venant vivre à la campagne Yves et Servane n'ont pas pour autant abandonné leurs ambitions professionnelles. Ils pensent même être précurseur d'un mouvement qui, selon eux, ne va que s'amplifier. Le couple s'est lancé dans la création de plusieurs sites de co-working, très peu développé en Bourgogne. Le concept : des bureaux partagés avec des équipements de pointe. Tarif : entre 9 et 20 euros la demi-journée, selon la formule. "Maintenant les campagnes, ce n'est plus ce que c'était, on a du réseau, on a des infrastructures. Il fallait juste que nos mentalités puissent évoluer et que les gens acceptent qu'on n'est pas obligé de monter à Paris pour faire carrière. On peut très bien s'épanouir professionnellement dans l'ensemble de notre territoire", souligne Servane. Les entreprises, elles, y voient une source d'économie, car le loyer est le deuxième poste de dépense après les salaires. 

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Il leur faudra une centaine de personnes par jour pour assurer la rentabilité des lieux. Mais Yves et Servane pensent que cette région viticole riche et dynamique peut attirer du monde. Ils ont déjà une vingtaine de clients potentiels, des avocats des coachs et des salariés de startup parisienne. Leur premier espace de co-working devrait ouvrir en septembre à Beaune dans une ancienne moutarderie. "On a une ambition très simple, c'est de permettre aux gens de travailler là où ils ont envie de vivre et de vivre, là où il y a du travail", conclut Servane. 

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