VIDÉO - Vaccin et pass sanitaire : l'enquête de "Sept à Huit" sur le monde des anti

VIDÉO - Vaccin et pass sanitaire : l'enquête de "Sept à Huit" sur le monde des anti

REPORTAGE – Au nom du refus des règles sanitaires, des soignants et entrepreneurs n'hésitent pas à risquer leur salaire et leurs économies. "Sept à Huit" est parti à la rencontre de trois opposants au pass sanitaire et au vaccin, vent debout contre les restrictions quel qu’en soit le prix à payer.

La scène peut déconcerter : lors de certaines visites médicales, ce sont les patients vaccinés qui tentent de convaincre leurs soignants réfractaires de sauter le pas. Céline, 36 ans, infirmière libérale francilienne depuis treize ans et anti-vax assumée, l'a déjà vécu. "Sept à Huit" est parti à sa rencontre à l’occasion d’une enquête diffusée ce dimanche 29 août (vidéo en tête de cet article).

Elle fait partie des 14% de soignants qui n'ont encore reçu aucune dose de vaccin contre le Covid-19. Comme l'ensemble du personnel médical, elle devra avoir reçu sa première injection avant le 15 septembre pour pouvoir continuer à exercer son métier. "J'ai la rage, en fait, confie-t-elle. J’aime mon métier, mais que je ne vais pas céder parce qu'avant d'être une infirmière, je suis une personne et moi je ne veux pas qu'on fasse n'importe quoi avec mon corps."

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Elle travaille exclusivement à domicile et la plupart de ses patients savent qu'elle n'est pas vaccinée. "Je trouve que vous prenez des risques, parce que vous êtes quand même en contact avec beaucoup de personnes, et je pense que le vaccin évite les conséquences graves", la sermonne l’une d’entre elles. 

Mais Céline, elle, se retranche derrière le fait que le vaccin ne protège pas totalement de l’infection - un chiffre qui tombe à 50% face au variant Delta selon de récentes études. Toutefois, d’après les statistiques du ministère de la Santé, une personne vaccinée a huit fois moins de risques d'être contaminée, donc de propager l'épidémie. Tout en affirmant qu’elle "les laisse choisir", l’infirmière n’hésite pas à tenter d’influencer ses patients dans leur décision. 

"Je pense qu’il y a des choses cachées, qui ne sont pas dites"

"Si elle le souhaite, elle peut le faire, mais même en ayant un facteur de comorbidités, (...) elle n'a pas attrapé [le Covid] en deux ans. Est-ce-que ce n’est pas plus risqué de faire le vaccin que de rester comme elle est, en fin de compte ?", s’interroge-t-elle au sujet d'une autre patiente de 84 ans, par ailleurs diabétique, qui n’a pas encore sauté le pas de la vaccination. Il est pourtant scientifiquement prouvé que les risques liés à la vaccination sont bien en deçà à ceux du Covid-19, surtout chez les diabétiques qui représentent un malade hospitalisé sur cinq.

En conseillant un patient, un infirmier ne peut partager son avis personnel mais seulement des faits scientifiques avérés ; en cas de manquement, il encourt la radiation. Un risque pris par Céline, qui après avoir vacciné des volontaires lors de la première campagne vaccinale, s’est laissée convaincre au fil des semaines par des vidéos virales relayées par ses proches sur les réseaux sociaux, en délaissant les médias classiques. "Je pense qu’il y a des choses cachées, qui ne sont pas dites", affirme-t-elle. 

Comme elle, plusieurs soignants non-vaccinés espèrent ne pas être privés de leur activité et de l’ensemble de leurs revenus à compter du 15 septembre. C’est également le cas d’Isabelle, salariée d’un groupement de communes dans les côtes d’Armor, qui ne rate aucune protestation depuis juillet. La Bretonne prend part à une fronde contre la politique sanitaire qui rassemble depuis cet été entre 100.000 et 240.000 personnes dans les rues chaque samedi, venues de tous horizons. Elle qui vit dans un HLM sur les hauteurs de Perros-Guirrec refuse de se faire vacciner, quitte à perdre son salaire de 1800 euros par mois.

Malgré la crainte de tout perdre, pas de marche arrière

"J’utiliserai toutes les voies légales pour me défendre et récupérer mon poste", assure-t-elle. Si elle n’a pas d’économies et craint de ne plus pouvoir payer son loyer, à moins de réaliser quelques heures de ménage, elle commence déjà à anticiper la suite, en s’adonnant par exemple à la construction d’un poulailler pour limiter ses dépenses alimentaires et produire des œufs chez elle. 

Quant à sa fille de 16 ans, qui peut désormais se faire vacciner sans autorisation des parents, Isabelle tente de l’en empêcher : "Pour ta rentrée, pas de piquouze !". Si l’adolescente s’est ralliée à l’avis de mère sur le sérum, elle s’inquiète de la voir perdre son emploi et la maison qu’elles habitent. "Vaut mieux tout perdre, c’est que du matériel", tranche Isabelle, tout en se disant "désolée" quand sa fille confie ses angoisses. 

Lucien, restaurateur bourguignon de 37 ans, est lui aussi prêt à perdre son emploi et même son entreprise en refusant de contrôler le pass sanitaire de ses clients, qu’il juge discriminatoire. Rappelé à l’ordre deux fois par les gendarmes, il a été soumis à un ultimatum : se rallier au contrôle du pass ou fermer son établissement. Depuis, il a baissé lui-même le rideau du restaurant et a entamé une grève de la faim. "On nous interdit l’entrée dans des établissements parce qu’on n’a pas le vaccin aujourd’hui, demain, ce sera quoi ?", lance-t-il à des policiers venus le contrôler.

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Pour le patron, chaque semaine de fermeture entraîne une perte de 15.000 à 20.000 euros, mais il estime que ses économies lui permettront de tenir encore deux mois. Pour autant, il assure "tout faire" pour ne pas complètement tuer son établissement. Mais pour l’heure, le restaurateur refuse aussi de se faire vacciner, comme huit de ses dix salariés qu’il continue d’ailleurs de payer et qui viennent chaque jour faire quelques heures de nettoyage. 

En plus du soutien de ses employés, il peut également compter sur une dizaine d’habitants qui le rejoignent chaque jour pour un pique-nique improvisé dans une ambiance de kermesse devant son restaurant, à ses frais, contre quelques signatures. Sa mère, en revanche, aimerait que son fils change de position, après avoir investi toutes ses économies dans son affaire et emprunté près de 200.000 euros. "Ça me ronge", avoue-t-elle. Pour l’heure, Lucien n’a pas pourtant rouvert son restaurant, mais a pris contact avec des avocats et envisage un recours en justice contre le pass sanitaire.  

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