Tony, 3 ans, battu à mort : la personnalité ultra-violente de son beau-père

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SEPT A HUIT - Avant de succomber à une énième salve de coups, Tony, l'enfant de trois ans mort le 26 novembre dernier à Reims, avait servi de "souffre-douleur" au conjoint de sa mère. Interrogés par Sept à Huit, des voisins et des proches racontent la personnalité ultra-violente de cet homme, déjà condamné sept fois pour menaces et violences.

Tony est mort à l'âge de trois ans sous les coups de son beau-père, Loïc. Selon la mère de l'enfant, il se servait de lui comme d'un "souffre-douleur" depuis plusieurs mois. Le 26 novembre en milieu d'après-midi, la mère de famille, 19 ans, a alerté 

les pompiers en indiquant que son fils de trois ans, prénommé Tony, "avait perdu connaissance", a retracé le magistrat. Sur place, les pompiers ont constaté que l'enfant était dans "un état particulièrement grave" et présentait "de très nombreux bleus". Transporté aux urgences pédiatriques, il est décédé à son arrivée.


Le calvaire de Tony aurait commencé trois mois plus tôt, lorsque sa mère rencontre Loïc, qui s’installe tout de suite chez eux. Ils ne travaillent pas et vivent tous les deux des minimas sociaux. Mais c'est la personnalité de Loïc qui a particulièrement attiré l'attention des enquêteurs. Le jeune homme a arrêté ses études en classe de troisième après le divorce de ses parents. Selon ses proches, c’est un fêtard, particulièrement adepte des boites de nuit. Suivi pour son addiction à l’alcool, il est aussi bagarreur et ses soirées se finissent souvent mal. Depuis l’adolescence, il a été condamné à sept reprises entre 2009 et 2015 pour menaces, dégradation, violences et outrage. La dernière affaire remonte à décembre 2014.

Il voulait m’enflammer avec son briquetChristine, 59 ans, victimes des violences de Loïc

Ivre, il agresse une infirmière dans un hall d'immeuble, sans aucune raison. Christine, 59 ans, s'est confiée à l'équipe de Sept à Huit. "Il m’a interpellée et agressée au pied de l’escalier, explique-t-elle, encore chamboulée. Il est arrivé par derrière, m’a attrapée par l’épaule et c’est là que tout a commencé". Elle explique alors que l'homme a menacé de la frapper à plusieurs reprises. "Il était vraiment collé contre moi. A un moment, j’ai baissé la tête et son briquet était contre ma doudoune, allumé. Il voulait m’enflammer ! J’y repense en me disant que j’ai frôlé le pire quand même."


Récidiviste, Loïc écopera de deux ans de prison avant d'être libéré en janvier dernier. C'est à ce moment-là qu'il rencontre Noémie, 23 ans et  maman de deux jeunes enfants. Elle explique à Sept à Huit avoir elle aussi été victime des violences de Loïc. Devant la caméra, elle montre plusieurs trous dans les murs de son appartement, indiquant que c’est "le poing ou le coup de tête qui lui était destiné". "Juste avant, il m’avait attrapé par la gorge en me jetant sur le canapé, confie-t-elle à visage caché, la voix tremblante. J’avais les traces des doigts autour de la gorge". 


Après l'agression, elle décide d'aller se réfugier dans la chambre de ses enfants "pour les protéger". "Il a défoncé la porte pour y rentrer, lâche-t-elle. C'est là que je me suis dit que ça pouvait aller plus loin, j’ai pas envie qu’il s’en prenne à mes enfants". Noémie décide alors de le quitter et Loïc se met en couple avec Caroline, la mère de Tony. C’est une amie de Noémie, alors cette dernière tente de la mettre en garde à plusieurs reprises. "Elle m’a dit : ‘te mêle pas de nos histoires, tu dis ça parce que t’es jalouse que je sois avec lui. Donc ne t’en mêle pas et fous-nous la paix'".

Caroline, une jeune fille "fragile" et "influençable"

De son côté, Caroline, la mère du petit Tony, est décrite par ses proches comme une jeune fille "fragile" et "influençable". Suivi par les services sociaux, elle aurait subi des violences dans sa jeunesse. 


La question que se posent désormais les enquêteurs est de savoir comment les violences ont pu passer inaperçues aussi longtemps. Oussman et Jonathan ont accepté de se confier à Sept à Huit. "Tous les matins, l’enfant pleurait, car il était incontinent, explique la femme encore en colère. Et il lui disait bien fort : 'tu vas voir ce que c’est d’avoir le nez dans ta pisse'". Les deux voisins disent ainsi qu'ils n'ignoraient rien des violences. "On l’entendait le frapper, il disait ce qu’il faisait. L'enfant criait 'aïe aïe, au secours maman'. Elle ajoute, en larmes : Aie Aie, c’est tout ce que je connais de sa voix.


C'est la peur des représailles les auraient fait taire, expliquent-ils. Les avocats des mis en cause n’ont pas souhaité s’exprimer. Le conjoint violent et la mère encourent respectivement la réclusion à perpétuité et cinq ans de prison.

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