Tarbes : le mur anti-migrants a été détruit... par le collectif qui l'avait construit

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COUP DE GUEULE – Le mur anti-migrants construit par des habitants et commerçants du collectif Séméac dans la nuit de dimanche à lundi afin de bloquer l’accès à un hôtel transformé en centre d’accueil a été détruit, ont annoncé les mêmes à l'AFP.

Le mur antimigrants n'est (déjà) plus. Trois jours à peine après la construction d'un mur de près de 20 mètres de long et d’1,80 mètre de hauteur à l’entrée de l’ancien hôtel Formule 1 de Séméac, près de Tarbes (Hautes-Pyrénées), destiné à être transformé en centre d’accueil pour migrants, "l'édifice" a été détruit, ont annoncé les opposants et la préfecture ce mercredi. "On l'a fait tomber, a annoncé Laurent Teixeira à l'AFP. On avait fait des propositions qui ont été acceptées par l'Adoma (le collectif en charge de la gestion du centre d'accueil, ndlr). On est satisfaits."


"Nous ne sommes pas contre l’accueil", avait affirmé un jour plus tôt le responsable du collectif Séméac qui regroupe des dizaines de riverains et de commerçants, à l’origine de la construction. "Il faut faire quelque chose pour ces personnes en difficulté, mais il faut prendre également en compte les citoyens", avait-il ajouté. La localisation du site, "dans une zone pavillonnaire", inquiétait les riverains, tout comme "l'opacité" du projet, qui s’est organisé sans "aucune concertation". 

"Il n'y a pas d'emploi, même pas pour nous. Je ne crois pas qu'il y en aura pour eux"... Une riveraine

Un sentiment partagé par les "voisins" du projet. "Il n'y a pas eu de concertation avec la préfecture, la mairie, ou même les riverains. Pour nous, ca a été un choc" témoigne ainsi devant nos caméras un jeune couple. D'autres habitants de la commune vont plus loin : "Il y a de l'inquiétude. Il risque d'y avoir des cambriolages", estimait une riveraine, tandis qu'une autre s'interroge : "Est-ce qu'ils vont pouvoir s'intégrer ? Je ne le crois pas. Il n'y a pas d'emploi, même pas pour nous. Je ne crois pas qu'il y en aura pour eux"... 


Pour autant, nombreux sont ceux à assurer ne pas être opposé à la venue de ces migrants. "On serait dans leur cas, comment faire ? On n'aurait pas le choix !" reconnaît un habitant. La mairie, de son côté, nous explique : "On est pour l'accueil des migrants, mais de façon digne, sur un territoire élargi. Pas 85 personnes ensemble dans un même endroit". 

L’hôtel où doivent arriver les migrants au mois d'août a une capacité d'accueil de 85 personnes, tandis que la commune compte environ 5000 habitants. 


La remise des clés entre l’Accor Hotels et Adoma, une association d’insertion par le logement, chargée de l’accompagnement des migrants une fois installés, devait avoir lieu ce mardi matin. Selon nos informations, la vente a été reportée à une date encore inconnue. 

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