Le bonheur loin des villes : la crise sanitaire les a poussés à changer de vie

Le bonheur loin des villes : la crise sanitaire les a poussés à changer de vie

EXODE URBAIN - C'est une tendance qui s'est accélérée avec la crise sanitaire : le départ définitif de plusieurs milliers d'habitants des grandes agglomérations vers des villes beaucoup plus modestes, voire des villages. Une quête d'espace et de nature pour la plupart.

Courir sur une plage avec ses enfants. Pour goûter à ce bonheur au grand air, Julie était prête à tout. Alors, elle a décidé de quitter son HLM parisien et d'accepter un CDD de caissière à Carnac. Son mari, lui, espère être muté. En attendant, pour prolonger leur vie de famille, il fait l'aller-retour. Une situation encore loin de l'idéal qu'ils se sont fixés, mais l'envie de changer de vie était devenu trop forte, presque vitale. Pour toucher du doigt leur rêve, Julie cherche un emploi stable et un logement. Car pour le moment, elle vit avec ses enfants chez ses grands-parents. Mais cela ne gâche en rien son bonheur d'être au bord de la mer. Et plus seulement pour les vacances. "Si je suis si heureuse, c'est que je viens ici depuis que je suis toute petite", raconte-t-elle dans la vidéo en tête de cet article.

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Le télétravail, un élément accélérateur

Transformer sa maison de vacances en résidence principale, c'est le choix qu'a fait également la famille Le Baud. Ils sont venus passer leur premier confinement à Carnac et ne sont jamais repartis. Interrogé sur ce qui les a poussés à changer de vie, François-Marie Le Baud évoque un ras-le-bol du stress parisien et de tout ce qui va avec. "À Paris, on était toujours en retard. Ici, le rythme de vie est beaucoup plus lent, plus calme, ce qui permet d'apprécier encore plus ce qu'il y a autour de nous", dit-il. Des changements de vie qui profitent aussi à cette commune du Morbihan, connue pour ses alignements de menhirs. Ainsi, en septembre, 40 nouveaux enfants ont fait leur rentrée à l'école Saint-Michel, c'est 15 de plus que l'an dernier, alors que l'établissement avait dû se résoudre à fermer une classe. 

Cent mille citadins prennent ainsi chaque année la clé des champs. Les attentats, les grèves, les Gilets jaunes sont autant de raisons qui poussent à partir, mais la crise du Covid a engendré un bouleversement majeur, au point de révolutionner nos vies. Selon le ministère du Travail, un tiers des actifs peut télétravailler facilement. Et c'est sans conteste "un élément accélérateur de cet exode urbain", selon Dominique Valentin, le cofondateur de la plateforme "Vivrovert". C'est lors du premier confinement que cet entrepreneur a eu l'idée de cet outil pour les candidats à l'exode. Pour passer sans regret du fantasme à la réalité. 60 critères objectifs y sont répertoriés : des écoles à l'accès au transport pour trouver son endroit.  

Un peu plus de chaleur, d'espace et de temps

Luzy, dans le Morvan fait ainsi figure d'exemple. 2.000 habitants, 70 associations, la fibre et une maire qui a tous les arguments pour accueillir les ex-citadins, avec un esprit de village mais résolument tourné vers l'avenir. "On veut conjuguer tout ça. Le numérique, c'est le futur, c'est tout ce qu'il nous faut dans nos territoires pour être comme dans les villes. Et le social, l'humain, c'est ce qui fait que ça va marcher", explique Jocelyne Guérin. Résultat, une centaine de familles ont fait le choix de s'y installer cette année, c'est trente de plus que l'année dernière. 

À l'image de Maëlle et Jean-Baptiste, 24 et 21 ans. L'édile leur a trouvé une maison en location, ainsi qu'un travail à l'école primaire du village pour Maëlle. Jean-Baptiste, lui, est concepteur graphique en 3D et peut exercer son activité à distance. Tous les deux ont essayé la ville pendant leurs études, mais c'est à la campagne qu'ils ont grandi, et aujourd'hui ils y sont revenus pour le rapport humain. "Ici les gens se croisent et se disent bonjour. Tout le monde a le sourire. On connaît notre boulanger, notre factrice. On a besoin de contact, sinon ce n'est pas possible", analyse le jeune homme. Et ils ne sont pas les seuls à prôner cette recette, toute simple finalement : avoir un peu plus de chaleur, d'espace et de temps. 

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