Ces fonctionnaires qui ne travaillent pas (encore) aux 35 heures

Ces fonctionnaires qui ne travaillent pas (encore) aux 35 heures

DONNANT-DONNANT - Avec la loi de transformation de la fonction publique, les fonctionnaires doivent tous être soumis à une durée légale de travail de 35 heures par semaine. Une réforme qui se fait parfois au prix de négociations compliquées.

C'est une petite révolution dans les administrations françaises. Les collectivités locales devront toutes bientôt passer aux 35 heures. La loi de transformation de la fonction publique, votée en août 2019, oblige en effet les fonctionnaires travaillant pour les régions, les départements et les communes à adopter la durée légale du travail d'ici 2022. C'est un rapport de l'inspection générale des Finances (IGF) qui avait mis le feu aux poudres à l'époque, en soulignant que 310.000 fonctionnaires travailleraient moins que la durée légale. Or, sur ces 310.000 agents publics, 190.000 n'auraient pas de conditions de travail difficiles et donc a priori pas de justification pour travailler moins.

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"Des contreparties financières"

Toutefois, cette réforme est loin de faire l'unanimité, comme en témoignent les mobilisations de ces derniers mois. Et si la moitié des collectivités ont d'ores-et-déjà abandonné leur régime dérogatoire, c'est parfois au prix de rudes négociations. Exemple à Sens dans l'Yonne, où il aura fallu quatre ans à la municipalité pour réformer le temps de travail de ses fonctionnaires. Officiers d'état civil, agents d'entretien, policiers municipaux... Tous respectent désormais les 35 heures par semaine - soit 1 607 heures par an. C'était 1520 heures auparavant.

Pour y parvenir, ils ont accepté de renoncer à une dizaine de jours de congés, mais en échange, la mairie a dû mettre la main au porte-monnaie. " On savait d'avance qu'il y aurait des contreparties financières, on ne pouvait pas faire autrement. On a doublé le montant des tickets restaurant. On a 70% des agents qui ont eu une amélioration de leur rémunération", indique Nicole Langel, l'adjointe au maire (LR) chargée des finances et des ressources humaine. Des centaines de milliers d'euros dépensés, mais les heures gagnées ont permis de rendre les services publics plus efficaces, selon elle.

Les habitants quant à eux sont divisés. "Retourner sur des avantages acquis, ce n'est jamais très agréable pour les salariés", souligne ainsi une riveraine. Avis non partagé par une autre habitante : "Si c'est la loi, on l'applique et puis c'est tout", dit-elle.

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Bon nombre de collectivités sont encore bien décidées à faire de la résistance, alors que les villes ont jusqu'à cet été pour passer aux 1 607 heures annuelles. À Paris par exemple, les fonctionnaires ne sont en moyenne qu'à 1552 heures. La municipalité a plusieurs options, comme la suppression de huit jours de congés ou allonger les journées de travail. 

Les négociations sont en cours mais pour Maria Da Costa Pereira, syndicaliste CGT, il est impossible d'imposer les 35 heures à tous les agents. "Il y a un certain nombre de métiers dits 'insalubres' comme les égoutiers, il y a les métiers de nuit, et aussi du matin très tôt, et bien là le temps de travail doit être inférieur parce que cette pénibilité est accrue", avance-t-elle. 

La mairie prévoit bien une augmentation du temps de travail, mais promet qu'il y aura des aménagements en fonction des professions.

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