Un canon laser anti-drones testé avec succès par l'armée française

Un canon laser anti-drones testé avec succès par l'armée française

FORCES AÉRIENNES - Les engins volants télécommandés représentent une menace grandissante. La France a ainsi mené avec succès mercredi sa première démonstration de destruction en vol d'un minidrone au moyen d'un laser.

C'est une réussite pour l'armée française. La ministre de la Défense Florence Parly a assisté ce mercredi 6 juillet à la démonstration de la destruction en vol d'un minidrone au moyen d'un laser. Face à la menace grandissante que représentent les drones, s'en protéger est une priorité. La Direction générale de l'armement (DGA) - dont le site d'essai de Biscarosse (Landes) a servi à réaliser cet exercice - prévoit 350 millions d'euros d'investissements sur 11 ans pour répondre à ce danger qui "se multiplie, aussi bien en opérations extérieures que sur le territoire national", a alerté le cabinet de la ministre.

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Baptisé Helma-P et développé par la PME française Cilas, cet engin militaire comporte un boîtier monté sur un trépied qui contient "un système de détection du drone, de pointage qui permet de le suivre et un laser qui permet de le neutraliser", a détaillé le cabinet. Cette neutralisation peut se faire de deux manières : soit éblouir le drone pour l'empêcher de s'orienter et donc l'immobiliser, soit "brûler le drone et le détériorer", ce qui se fait actuellement en un "délai inférieur à 10 secondes".

Le prototype testé mercredi permet donc de neutraliser des petits drones - ceux qu'on trouve dans le commerce - de quelques centaines de grammes -, mais aussi les plus gros, d'un poids inférieur à 100 kilos. Il est capable de les détecter jusqu'à 3 km, et de le neutraliser jusqu'à 1 km au moyen de son laser d'une puissance de 2 kilowatts. "On va utiliser des drones qui arrivent de tous les côtés, explique sur TF1 Jean-Pierre Devaux, consultant défense, ingénieur général hors classe de l'armement."Les systèmes actuels de défense ne sont pas forcément adaptés à cette saturation de l'espace aérien comme on a pu voir au Haut-Karabakh."

Plusieurs milliers de drones d'ici à 2025

À ce jour, l'armée française dispose uniquement de systèmes de brouillages de drones, déployés en grande partie au Sahel. "Mais dans les années à venir, on va constater une autonomisation croissante des drones qui va les immuniser au brouillage", a ajouté le cabinet de Florence Parly, rendant nécessaire de trouver d'autres moyens d'action, comme le laser, des drones intercepteurs (des démonstrations sont attendues fin 2022) ou encore des canons électro-magnétiques.

Ainsi, l'armée devrait disposer de plusieurs milliers de drones d'ici à 2025, contre quelques dizaines en 2017. Mais presse les autorités d'étoffer le parc français et de renforcer les efforts déployés dans la lutte antidrones, y compris sur le territoire national où le nombre de drones, en majorité civils, est passé de 400.000 il y a quatre ans à 2,5 millions aujourd’hui.

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La France espère utiliser ce système anti-drone dès 2024, y compris sur le territoire national pour protéger des sites sensibles ou des grands rassemblements comme les jeux Olympiques, a terminé le cabinet, tout en précisant que la doctrine d'emploi - pour protéger les lieux et la population des effets du laser ou de la chute des drones détruits - était en gestation.

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