VIDÉO - Une amende contre le harcèlement de rue : les policiers craignent une mesure "impossible à appliquer" sans moyens

SUR LE TERRAIN - S'ils sont "évidemment plus que favorable" à la verbalisation du harcèlement de rue, les policiers estiment que son application sera (très) compliquée. Les explications d'Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police FO, invité de LCI ce mercredi.

Marlène Schiappa a annoncé qu'elle serait appliquée "dès l'automne". Mais l'application de la verbalisation du harcèlement de rue, souhaitée par la secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes, et qui se fait d'autant plus ressentir après la choquante agression dont a été victime une jeune femme, après qu'elle a répondu à son harceleur, sera-t-elle vraiment possible ? "Concrètement, non", craint Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police FO. Sur LCI en février, le responsable syndical assurait être "évidemment plus que favorable à cette mesure" mais craignait la difficulté de sa mise en pratique réelle : "Pour nous, policiers, c'est impossible parce qu'on travaille dans la flagrance." 

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Le rapport parlementaire remis au gouvernement recommande une amende de 4e classe, dont le montant serait compris entre 90 et 750 euros, pour sanctionner les harceleurs (le Haut conseil à l'égalité recommande, lui, 1500 euros d'amende). Seule condition ? Que l'infraction soit justement constatée en flagrance. "Pour bien imager, il faut véritablement prendre la personne sur le fait, au moment où elle aura le geste, où elle tiendra les propos", souligne Yves Lefebvre. "C'est complètement impossible. On arrivera après, ce sera version contre version."

Comment, dès lors, rendre la mesure applicable ? "Là encore, c'est une question de mobilisation, de moyens, de disponibilités d'agent", poursuit le policier, qui considère que les forces de l'ordre n'ont pas été assez entendues sur le sujet. "Vous savez, ce ne sont pas les 7500 policiers et les 2500 gendarmes prévus (en plus) sur le quinquennat qui pouront mettre réellement en application cette loi, qui j'espère le deviendra in fine." Et de conclure : "La mesure est on ne peut plus louable. On y est favorable, à condition qu'on nous donne les moyens de l'appliquer."

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