1,50 euro les deux heures : deux villes imposent le stationnement payant pour les deux-roues

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NOUVELLE TARIFICATION - A partir de ce début du mois d'avril, garer son scooter ou sa moto à Vincennes ou à Charenton-le-Pont sera ... payant. Une mesure inédite en France, dont le but est de mieux lutter contre les incivilités. Mais elle risque de faire grincer des dents.

C'est une première en France. Deux villes, Charenton-le-Pont et Vincennes - dans le Val-de-Marne - lancent ces lundi et mardi le stationnement payant pour les scooters et les motos. Les motards devront dorénavant passer à la caisse - ou plutôt à l'horodateur - comme n'importe quel véhicule motorisé. Pour les maires de ces deux communes, cette nouveauté est un moyen de lutter contre les incivilités et de mieux gérer l'espace public.


"Ce n’est pas une politique répressive ni une fiscalité déguisée, mais simplement une participation équitable de l’usager à son occupation de l’espace public", assure à nos confrères du Parisien Hervé Gicquel, maire LR de Charenton, une ville de 30 700 habitants. Ces dernières années, il a remarqué "un usage croissant des deux-roues motorisés, à Paris comme dans les communes limitrophes". Si 500 emplacements sont prévus pour les scooters et les motos dans sa commune, de nombreux deux-roues s'installeraient sur les trottoirs ou la voirie. Avec cette nouvelle réglementation, il s'attend à "davantage de civisme de la part des usagers". 


La maire UDI de Vincennes et de ses 50.000 habitants, Charlotte Libert-Albanel, avance les mêmes arguments : "Vincennes est la deuxième ville la plus dense de France, l’espace public y est rare et, lorsqu’il n’est pas respecté, cela crispe les habitants." Elle espère également contrecarrer les trop nombreuses "incivilités d’une partie des conducteurs de deux-roues motorisés".

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Une disposition applicable partout en France depuis le 1er janvier

Cette nouveauté pourrait donner des idées un peu partout en France car depuis le 1er janvier de cette année, les frais de stationnement sont décidés par les communes. Ce sont elles qui choisissent dorénavant le montant de l'amende en cas de mauvais stationnement, rebaptisée "forfait de post-stationnement" ou FPS, ce sont elles également qui décident quels véhicules doivent payer pour stationner et pour quel montant. 


Jusqu'à aujourd'hui, les deux-roues étaient exonérés car il était impossible pour les usagers de laisser leur ticket de stationnement visible. Avec les nouveaux horodateurs déployés sur le territoire, les conducteurs peuvent désormais entrer leur numéro de plaque d'immatriculation, le justificatif à afficher derrière le pare-brise est donc devenu obsolète.

Un tiers du tarif appliqué aux voitures

Alors combien cela va coûter ? A Charenton-le-Pont, où la mesure entre en vigueur ce lundi 2 avril, les motards devront s'acquitter d'un ticket "équivalent à environ un tiers du tarif appliqué aux voitures" indique la municipalité au Monde, un tarif au prorata de la place occupée au sol en somme. En cas de non-paiement, l'amende sera également adaptée : 10 euros, contre 17 pour les voitures. 


À partir du 3 avril, se garer sur l'une des 800 places aménagées de Vincennes vous coûtera 1,50 euros pour deux heures. Les titulaires de la carte de résident pourront quant à eux profiter d'un tarif préférentiel à 70 centimes par jour. Côté amende, il faudra allonger 12 euros, au lieu de 35 pour un véhicule à 4 roues.


Pour le moment, aucun autre édile n'a manifesté son souhait de facturer le stationnement des motos et des scooters. A Paris, Grenoble ou encore Bordeaux, on s'y refuse farouchement… pour le moment.

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