VIDÉO - Violences sexuelles : la charge de Caroline De Haas contre Edouard Philippe et Emmanuel Macron

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SEXISME - Après que le Premier ministre Edouard Philippe a évoqué mercredi soir des risques "d'accusations excessives" dans le débat sur les violences sexistes et sa crainte de voir disparaître une "séduction intellectuelle", la militante féministe se dit "sidérée".

La militante féministe Caroline de Haas a répondu, vendredi, aux propos polémiques d'Edouard Philippe sur les violences faites aux femmes. Mercredi, le Premier ministre a estimé que ce débat sur les violences sexistes présente des risques "d'accusations excessives" et craint de voir disparaître une "séduction intellectuelle".


Prononcés en direct sur Mediapart, ces propos ont fait polémique. Ce vendredi, Caroline De Haas et d'autres militantes féministes ont manifesté sur la place de la République, à Paris, pour inciter Emmanuel Macron à agir contre les violences sexistes. L'occasion Caroline De Haas, "sidérée" par les propos d'Edouard Philippe, de lui répondre.

Le Premier ministre ne fait pas la distinction entre un rapport consenti, libre, plaisant, la séduction, et des violences. Moi je peux vous assurer que 100% des femmes font la différenceCaroline De Haas

"Les propos du Premier ministre démontrent une absence totale de connaissance du sujet. S'ils ont besoin qu'on leur fasse des fiches, ça leur éviterait de dire des conneries aussi énormes à la télévision", estime Caroline De Haas. "Le Premier ministre ne fait pas la distinction entre un rapport consenti, libre, plaisant, la séduction, et des violences. Moi, je peux vous assurer que 100% des femmes font la différence".

Et la militante féministe de poursuivre : "Soit il manque un truc dans le cerveau du Premier ministre pour lui permettre de comprendre ça, soit il voit bien la différence, mais il a envie de faire comme si tout ça était mélangé."

Vous imaginez, après une catastrophe ferroviaire, sanitaire, un Premier ministre venir à la télévision expliquer que 'Attention, il y a une catastrophe sanitaire mais il y a aura peut être des fausses plaintes' ?Caroline De Haas

"Vous imaginez, après une catastrophe ferroviaire, sanitaire, un Premier ministre venir à la télévision expliquer que 'Attention, il y a une catastrophe sanitaire, mais il y a aura peut-être des fausses plaintes' ?", argue Caroline De Haas, qui précise qu'en moyenne, chaque jour, 227 femmes sont victimes de viol.


"Des fausses plaintes, des faux témoignages, il y en a sur tous les sujets. En matière de violences sexuelles c'est 2 à 4 %", affirme la militante. "Comment expliquer que le Premier ministre vienne parler à la télévision pendant 5 minutes du sujet, et plutôt que de s'adresser au 96 à 98% de femmes victimes qui portent des réelles accusations, il s'adresse aux 2 à 4% de fausses plaintes. C'est délirant !"

Emmanuel Macron doit présenter des mesures contre les violences sexistes samedi

Caroline De Haas, Laure Salmona, Fatima Benomar, Madeline Da Silva et Clémentine Vagne sont à l'origine de plusieurs pétitions concernant les violences faites aux femmes. Leur manifestation vendredi visait à avertir Emmanuel Macron, censé présenter samedi un plan contre les violences sexistes. Autour du hashtag #SoyezAuRdv, elles intiment au président d'être à la hauteur, tant en termes de volonté politique que de moyens.


Et rappellent que les premières actions du chef de l'État dans ce domaine ont été de renier sa promesse de former un ministère de plein exercice pour les droits des femmes et d'avoir baissé de 27% le budget consacré à ce portefeuille.

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